Boekgegevens
Titel: Premières lectures françaises: Fransch leesboek voor de lagere klassen der hoogere burgerscholen enz.
Auteur: Herrig, Ludwig; Helderman, D.J.
Uitgave: Deventer: A. ter Gunne, 1871
Auteursrechten: Zie auteursrechten
Citeerinstructie: Bijzondere Collecties van de Universiteit van Amsterdam, UBM: NO 09-353
URL: https://schoolmuseum.uba.uva.nl/bookid/LCSM_200765
Onderwerp: Taal- en letterkunde naar afzonderlijke talen: Franse taalkunde
Trefwoord: Leesvaardigheid, Frans, Leermiddelen (vorm)
Bekijk als:      
Scan: Afbeeldinggrootte:
   Premières lectures françaises: Fransch leesboek voor de lagere klassen der hoogere burgerscholen enz.
Vorige scan Volgende scanScanned page
— 104 —
défiant à haute voix ces ennemis sans cou-
rage, il s'élança pour gravir les rochers in-
abordables qui le séparaient d'eux, vingt fois
il retomba après d'incroyables efforts.
Alors les Sarrasins commencèrent à pré-
cipiter de tous côtés , sur cette poignée de
chrétiens intrépides, d'énormes blocs de ro-
chers dont le choc faisait voler en éclats les
plus gros arbres; de sorte que les compagnons
de Roland périrent tous écrasés sous cette,
grêle de pierres, et le noble guerrier resta
seul debout, n'opposant que son bpuclier à
cette tempête effroyable.
Cependant, au milieu de cette lutte hor-
rible d'un seul homme contre toute une ar-
mée, Roland se souvint tout-à-coup d'un cor
qu'il portait toujours sur son armure, pour
rallier autour de lui ses frères d'armes, et
l'appliquant à ses lèvres, il en tira un son
aigu que les échos de la vallée répétèrent
raille lois. Le bruit seul de cet instrument,
qui avait si souvent retenti à leurs oreilles
dans leurs défaites , frappa les Sarrasins de
tant d'épouvante, que, croyant déjà voir Ro-
land fondre sur eux avec sa redoutable
épée, ils s'enfuirent précipitamment ; mais
avant de s'éloigner, ils firent rouler sur le
héros une si grande quantité de rochers et
de troncs d'arbres, qu'il tomba enseveli sous
ces vastes décombres. (Vorijaet,)
99. ROLAND.
Où vont tous ces preux chevaliers ,
L'orgueil et l'espoir de la France ? . ..
C'est pour défendre nos foyers
Que leur main a repris la lance ;
Mais le plus brave, le plus fort.
C'est Roland, ce foudre de guerre;
S'il combat, la faux de la mort
Suit les coups de son cimeterre.
Soldats français , chantons Roland ,
L'honneur de la chevalerie,
Et répétons, en combattant ,
Ces mots sacrés : Gloire et Patrie !
Déjà mille escadrons épars
Couvrent le pied de ces montagnes ;
Je vois leurs nombreux étendards
Briller sur les vertes campagnes.
Français, là sont les ennemis:
Que pour eux seuls soient les alarmes ;
Qu'ils tremblent; tous seront punis!.,.
Roland a demandé ses armes !
Soldats français , etc,,..
L'honneur est d'imiter Roland,
L'honneur est près de sa bannière;
Suivez son panache éclatant.
Qui vous guide dans la carrière,
Marchez, partagez son destin;
Des ennemis que fait le uombre !
Roland combat: ce mur d'airain
Va disparaître comme une ombre.
Soldats français, etc,,..
Combien sont-ils ? combien sont-ils ?
C'est le cri du soldat sans gloire ;
Le héros cherche le péril;
Sans les périls qu'est la victoire?
Ayons tous, ô braves amis !
De Roland l'âme uoble et fièré :
11 ne comptait ses ennemis
Qu'étendus morts sur la poussière.
Soldats français , etc, , , ,
Mais j'entends le bruit de son cor
Qui résonne au loin dans la plaine...
Eh quoi! Roland combat encor!
11 combat !,.. ô terreur soudaine!
J'ai vu tomber ce fier vainqueur,
Le sang a baigné son armure;
Mais toujours fidèle à l'honneur,
11 dit, eu montrant sa blessure :
Soldats français !.,. chantez Roland ,
Son destin est digne d'envie:
Heureux qui peut en combattant
Vaincre et mourir pour sa patrie !
(Alexandre Daval.)
100, LES SUCCESSEURS DE CHARLE-
MAGNE,
Louis (appelé le Débonnaire ou le Pieux,
parce qu'il s'attacha plus aux pratiques de
dévotion qu'au gouvernement, et qu'il eut
beaucoup de condescendance pour les ec-
clésiastiques) , fils et successeur de Charle-
magne , s'attira, par sa faiblessB et par le
partage prématuré de ses Etats, des guerres
de la part de ses enfants ingrats et rebelles.
Dans le commencement de son règne ,
Bernard, son neveu, et roi d'Italie, s'étant
révolté contre lui, fut vaincu et condamné
à perdre les yeux, A l'ouest, les Bretons
furent réprimés ; au midi , les Sarrasins
d'Espagne , quoique victorieux , ne purent
entamer les frontières : au nord, les Fran-
çais éprouvèrent de nombreux échecs de la
part des Slaves. Mais les malheurs qui
empoisonnèrent sa vie, vinrent de sa propre
famille. Quand il voulut créer un apanage
à Charles, son quatrième fils, les trois au-
tres, issus d'un premier mariage, coururent
aux armes, Louis, abandonné des troupes