Boekgegevens
Titel: Premières lectures françaises: Fransch leesboek voor de lagere klassen der hoogere burgerscholen enz.
Auteur: Herrig, Ludwig; Helderman, D.J.
Uitgave: Deventer: A. ter Gunne, 1871
Auteursrechten: Zie auteursrechten
Citeerinstructie: Bijzondere Collecties van de Universiteit van Amsterdam, UBM: NO 09-353
URL: https://schoolmuseum.uba.uva.nl/bookid/LCSM_200765
Onderwerp: Taal- en letterkunde naar afzonderlijke talen: Franse taalkunde
Trefwoord: Leesvaardigheid, Frans, Leermiddelen (vorm)
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   Premières lectures françaises: Fransch leesboek voor de lagere klassen der hoogere burgerscholen enz.
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103,-
97. CEAHLEMAGNE.
Pépin-le-Bref fonda la dynastie nouvelle,
m^is ce fut son fils, le glorieux Charles,
qui lui donna son nom. Charlemagne trouva
l'Aquitaine à peu près terrassée par les der-
niers coups que son père venait de lui porter.
Il acheva de la soumettre, et désormais sûr
de tout l'empire des Erancs, il put s'occuper
d'en étendre les frontières. Déjà vaincus par
Pépin p les Lombards continuaient d'inquieter
le pape: Charlemagne s'empara de leur royaume
et prit le titre de roi d'Italie. 11 -entreprit
en même temps ses grandes guerres sur toutes
les frontières de l'empire. La plus longue et
la plus terrible fut celle contre les Saxons :
elle dura trente-trois ans. Charlemagne fit
à ce peuple une guerre féroce : il en fit mas-
sacrer en une seule fois quatre mille cinc
cents, qui avaient été faits prisonniers. J
leur imposa la religion catholique et les
soumit à un code spécial où la peine de mort
était prodiguée. Au delà des Saxons, Cliarle-
magne eut ensuite à combattre les Wiltzes
et les Danois. Plus au sud, il anéantit la
puissance des Avares. Enfin, à l'autre ex-
trémité de l'empire, il alla combattre les
Sarrasins et recula sa frontière jusqu'à l'Ebre.
Au retour, son arrière-garde fut détruite à
E-oncevaux : Koland, préfet de la marche de
Bretagne, y périt, Roland sur lequel nous
ne savons rien autre chose, mais dont le
moyen-âge s'est plu à orner et chanter les
exploits.
En l'an 800, le maître de tant de pays se
fit couronner empereur, à Rome, par le pape
pour cacher sa barbare origine et marcher
l'égal des empereurs d'Orient, qui lui en-
voyèrent des ambassades.
Charlemagne donna à son vaste empire une
forte organisation intérieure. Des comtes
administrèrent les provinces; des envojés
royaux parcoururent sans cesse l'empire pour
eu reconnaître l'état et en instruire le souve-
rain ; lui, aussi, s'en occupait sans cesse,
deux fois l'an il réunissait l'assemblée géné-
rale, y^ proposait des lois qui étaient ensuite
promulguées sous le nom de eapitulaires. 11
fonda des écoles et une académie du palais.
Lui même étudiait: Alcuin lui enseignait la
rhétorique, la dialectique et l'astronomie. 11
essaya même d'écrire, dit Eginhard, et avait
habituellement sous le chevet de son lit des
tablettes pour s'exercer à former des lettres
quand il trouvait quelques instants de liberté :
mais il réussît peu dans cette étude com-
mencée trop tard et à un âge peu convenable.
Charlemagne étudiant l'alphabet sur le trône
impérial donne une idée de l'ignorance" des
Francs de ce^temps. Ils n'étaient rien moins
que disposés à recevoir la civilisation et l'in-
struction dont se montrait si avide ce génie
supérieur à son époque,
(Malte-Brun.)
98. LA VALLÉE DE RONCEVAUX.
L'empereur Charlemagne qui se plaisait
à réunir, dans son palais d'Aix-la-Chapelle,
des savants de tous les pays, avait aussi
rassemblé autour de sa personne les plus
vaillants guerriers de son temps, qu'il ap-
pelait ses Preux , ce qui voulait dire ses
)raves et fidèles, parce qu'il avait éprouvé
leur courage dans les batailles autant que
leur dévouement à son service.
Ces Preux étaient d'intrépides Capitaines
toujours prêts à protéger de leur épée les
veuves et les orphelins,- et à défendre les
pauvres et les gens d'église. Jamais ils ne
refusaient leurs secours à ceux qui l'implo-
raient dans leur détresse, et on les voyait
sans cesse courir d'un pays à l'autre pour
combattre les méchants ou les malfaiteurs ,
comme autrefois ces héros et ces demi-
dieux, qui, chez les anciens Grecs, se vou-
aient à l'extermination des monstres et des
brigands»
Parmi les Preux de Charlemagne, il y en
avait un qui, plus souvent que tous les au-
tres , remportait des victoires sur les enne-
mis de la Erance, ou punissait les hommes
puissants qui avaient commis de mauvaises
actions: il se nommait Roland, et il était le
neveu de Charlemagne.
Un jour que ce vaillant guerrier retour-
nait auprès de Charlemagne, après avoir
vaincu les Sarrasins dans plus de cent com-
bats, Roland se trouva, suivi de quelques
braves soldats seulement, dans un étroit dé-
filé appelé la Vallée' de Roncevaux, que for-
ment les Pyrénées, entre l'Espagne et la
France.
Le fier Roland ne connaissait point la
peur, mais en levant les yeux sur les ro-
chers qui dominaient la vallée , il ne put
s'empêcher d'un mouvement de surprise-et
d'indignation à la vue d'une multitude de
Sarrasins qui, agitant leurs armes et pous-
sant des cris épouvantables, couraient toutes
les montagnes environnantes,
11 serait impossible de peindre quelle fut^
la fureur de Roland lorsqu'il reconnut le
piège dans lequel il était tombé. Vingt fois