Boekgegevens
Titel: Premières lectures françaises: Fransch leesboek voor de lagere klassen der hoogere burgerscholen enz.
Auteur: Herrig, Ludwig; Helderman, D.J.
Uitgave: Deventer: A. ter Gunne, 1871
Auteursrechten: Zie auteursrechten
Citeerinstructie: Bijzondere Collecties van de Universiteit van Amsterdam, UBM: NO 09-353
URL: https://schoolmuseum.uba.uva.nl/bookid/LCSM_200765
Onderwerp: Taal- en letterkunde naar afzonderlijke talen: Franse taalkunde
Trefwoord: Leesvaardigheid, Frans, Leermiddelen (vorm)
Bekijk als:      
Scan: Afbeeldinggrootte:
   Premières lectures françaises: Fransch leesboek voor de lagere klassen der hoogere burgerscholen enz.
Vorige scan Volgende scanScanned page
EBB
102
Martel ou Marteau, pour avoir écrasé et brisé
les escadrons des Sarrasins comme un marteau
écrase et brise le fer. Depuis lors, son
autorité se trouva établie plus solidement que
jamais sur les Francs , fiers d'obéir à un tel
chef. Bien qu'un prince mérowingien portât
encore la couronne, Charles seul était véri-
tablement roi. 11 n'osa pourtant point en
prendre le titre. Mais, lorsqu'en 737 Thierry
IV fut mort, il crut pouvoir se dispenser de
mettre à la place de ce fantôme de monarque
un autre fantôme. Le trône resta vide, et
le vainqueur de Poitiers continua de gouverner
comme auparavant toute la monarchie, sous
le nom de duc ou prince des Francs.
Cependant les Sarrasins n'avaient point
entièrement renoncé à leurs projets sur la
Gaule. Non-seulement ils portèrent encore
le ravage dans diverses provinces ; mais même
ils s'emparèrent, le long du cours du Rhône,
de plusieurs cités importantes , dont quelques-
unes leur furent livrées par trahison. Charles
marcha de nouveau contre eux. Après ies
avoir chassés de Lyon, de Vienne, d'Avig-
non, d'Arles, de Marseille et de toutes les
autres places qu'ils occupaient, soit en Bour-
gogne, soit en Provence, il parvint à les
refouler dans la Septimanie, les y poursuivit,
prit, pilla, incendia plusieurs de leurs villes
(entre autres Nîmes, Béziers, Magueionne),
et dévasta toute cette contrée (737—739).
En même temps il continuait avec une rare
vigueur la lutte contre les peuples d'au delà
du Rhin, sur lesquels, à diverses reprises,
il remporta d'éclatants succès. L'année 740
s'écoula sans guerre, et, pour la première
fois, le duc des Francs put jouir de quelque
repos. Respecté de tous les peuples de
l'Europe, il était parvenu au combe de la
missance et de la gloire. Mais déjà ce grand
lomme touchait au terme de son héroïque
carrière. Il mourut en 741 à peine âgé de
cinquante-deux ans. On l'enterra dans l'ab-
baye de Saint-Denis.
(Courgeon.)
96. PEPIN-LE-BREF.
Pépin fut surnommé le-Bref, à cause de
sa petite taille ; un jour qu'il assistait avec
plusieurs Seigneurs francs au combat d'un
lion énorme contre uu taureau, il ne put
voir , sans pitié, ce taureau à demi étranglé,
et quoique plusieurs personnes voulussent
l'en empêcher, il sauta dans l'arène, et, ti-
rant son sabre, il abattit d'un seul coup la
tête du lion, tant il avait le bras vigoureux.
Une pareille témérité, dans un si petit
homme, frappa tout le monde d'étonnement,
et Pépin, se tournant vers les assistants,
leur demanda à haute voix s'ils ne croyaient
pas qu'il fût assez courageux pour être roi,
A cette parole Ju duc d'Austrasie, personne
ne douta qu'il n'eût l'intention de mettre
sur sa tête la couronne de Neustrie que por- ^
tait alors un prince enfant, nommé Childéric
III., qui fut le dernier de la famille des
Mérowingiens ; mais, comme Pépin aimait
beaucoup son frère Carloman , il ne voulut
pas se faire roi, avant d'être sûr que son
élévation ne causerait aucune peine à ce
prince.
Carloman était, ainsi que Pépin, un vail-
lant ^ guerrier, qui avait souvent conduit les
Francs de l'autre côté du Rhin, pour y com-
battre les Bavarois, les Saxons et les autres
peuples germaniques; mais en même temps
il était très-pieux et tout-à-coup , quoiqu'il
eût partagé, jusqu'alors avec Pépin, la puis-
sance que Charles-Martel, leur père, leur
avait laissée, il résolut de renoncer aux gran-
deurs de ce monde, et de se retirer dans un
monastère pour y consacrer sa vie à la prière.
Lorsque Pépin se trouva seul maître de
l'empire des Francs, il se décida à prendre
enfin le titre de roi ; mais auparavant il envoya
consulter l'évêque de Rome sur ce dessein ,
et le pape lui répondit que celui-là seul devait
être roi qui exerçait la puissance royale.
Pépin interpréta en sa faveur la réponse
du pape, et faisant raser la tête au jeune
Childéric III., il l'enferma dans un cloître,
oii il le condamna à passer le reste de sa vie.
Après quoi, ayant assemblé autour de lui
les Seigneurs de Neustried'Austrasie et de
Bourgogne, il se fit reconnaître pour roi des
Francs par les principaux ducs et comtes du
royaume, et les évêques des cités gauloises.
Les barbares étaient dans l'usage, lors-
qu'ils faisaient choix d'un nouveau monarque,
de le faire monter sur un pavois, sorte de
bouclier, que les Seigneurs élevaient sur leurs
épaules pour que tout le peuple pût l'aper-
cevoir et le contempler. Pépin voulut que
cette cérémonie s'accomplît à son égard dans
la ville de Soissons, comme elle s'était accom-
plie à l'égard des princes Mérowingiens, et
pour donner encore plus de solennité à cette
inauguration, il pria saint Boniface, le plus
courageux et le plus véuérable des missio-
naires de Germanie, de lui poser la couronne
sur la tête, afin de paraître recevoir de la
main de Dieu ae qu'il tenait déjà de celle des -
hommes, (Porquet.)