Boekgegevens
Titel: Premières lectures françaises: Fransch leesboek voor de lagere klassen der hoogere burgerscholen enz.
Auteur: Herrig, Ludwig; Helderman, D.J.
Uitgave: Deventer: A. ter Gunne, 1871
Auteursrechten: Zie auteursrechten
Citeerinstructie: Bijzondere Collecties van de Universiteit van Amsterdam, UBM: NO 09-353
URL: https://schoolmuseum.uba.uva.nl/bookid/LCSM_200765
Onderwerp: Taal- en letterkunde naar afzonderlijke talen: Franse taalkunde
Trefwoord: Leesvaardigheid, Frans, Leermiddelen (vorm)
Bekijk als:      
Scan: Afbeeldinggrootte:
   Premières lectures françaises: Fransch leesboek voor de lagere klassen der hoogere burgerscholen enz.
Vorige scan Volgende scanScanned page
— 100 --
qui était un prince aimable et vaillant; et
ceux-ci, pour ne point se soumettre à la
domination des Erancs^, passèrent les Pyré-
nées, et allèrent fonder en Espagne une
puissante monarchie.
Quoique Clovis , parmi les Erancs saliens,
ait le premier embrassé le christianisme,
plusieurs chefs de sa famille, et entre au-
tres son aïeul Mérowig et son père Childé-
ric I., avaient conduit avaut lui des bandes
de Erancs dans l'intérieur des Gaules, et
c'est à cause du premier de ces princes, que
le nom de Mérowings, ou Mérowingiens, est
devenu celui de tous les rois de la même
dynastie, qui régnèrent successivement sur
la nation franque.
(Lamé Tleury.)
94. LES ROIS FAINÉANTS.
Les fils de Dagobert, Sigebert III., roi
d'Austrasie, et Clovis II., roi de NeUstrie,
ont été les premiers monarques francs, flé-
tris du surnom de Eainéants. A peine âgés,
l'un de huit ans, l'autre de quatre, lorsque
leur père mourut, tous deux se tiouvcrent
réduits à un vain simulacre de royauté; le
premier,- sous la domination de Pépin-Ie-
Vieux, que les Austrasiens avaient rappelé ;
le second, sous l'empire d'Œga, ce Seigneur
neustrien à qui Dagobert avait confié la
jeunesse de son fils.
Ces deux hommes puissants étaient dé-
corés du titre de maire du palais des deux
royaumes, et' c'était à eux qu'obéissaient
les seigneurs francs et bourguignons, et
même uue partie des chefs barbares qui
commandaient aux nations germaniques res-
tées de l'autre côté du Rhin. Les ducs du
midi de la Gaule reconnaissaient aussi leur
puissance, quoique la plupart n'attendissent
qu'une occasion favorable pour s'affranchir
d'une monarchie qu'ils voyaient sur le point
de devenir le partage de celui qui serait assez
adroit pour s'en emparer.
Sigebert 111. ne régna que peu de temps
en Austrasie, et sa mort réunit, encore uue
fois, ce royaume à celui de Ncustrie dans
les mains de Clovis II., le plus indolent des
monarques,
De temps en temps, et lorsqu'il ne faisait
ni pluie, ni veut, ni soleil, ce prince, qui
vivait retiré dans uu château où il ne pen-
sait qu'à s'amuser, boire, manger et dormir,
montait sur un chariot, attelé de quatre
bœufs blancs, dont les cornes étaient dorées,
et parcourait lentement les rues de Paris,
alors étroites et boueuses, de peur d'être
fatigués, si son char eût été traîné par des
chevaux vifs et fringants. Pendant ce temps,
c'était le maire du palais qui gouvernait le
royaume à la place du prince.
Une fois chaque année , le maire du pa-
lais permettait au faible Clovis de se mon-
trer en grande cérémonie à l'assemblée du
Champ-de-Mars. Alors, on couvrait le mo-
narque d'un magnifique manteau de pourpre,
on lui mettait sur la tête une couronne d'or,
et autour du cou, uu collier tout étincelant
de pierreries. Ainsi p*ïé, le prince parais-
sait devant le peuple. Mais il ne lui était
pas permis de parler, et encore moins de
donner des ordres, sans l'agrément de son
maire du palais.
Aussitôt après, Clovis 11. était ramené
dans son palais, où il avait toutes ses aises,
qu'il préférait infiniment aux soucis de la
royauté. (Porquet.)
95. CHARLES MARTEL.
Après avoir conquis, dans l'espace de
quatre-vingts ans, une partie de l'Asie, tout
le nord de l'Afrique et l'Espagne, les Arabes
ou ^ Sarrasins, ^ franchissant les Pyrénées ,
avaient entrepris de soumettre la Gaule. Une
première expédition les rendit maîtres de la
Septimanie , où subsistaient encore quelques
débris de la monarchie des Visigoths (721).
Plusieurs fois encore, durant les années sui-
vantes, ils firent irruption dans l'Aquitaine,
ainsi que dans la Provence et la Bourgogne.
-Enfin, en 732, un de leurs plus vaillants
chefs, l'émir Abdérame , résolut de tenter un
nouveau et puissaut effort pour subjuguer la
Gaule franque et contraindre par le glaive
les habitants de ce pays à embrasser l'isla-
misme, c'esf-à-dire la religion de Mahomet.
Parti de Pampelune avec l'élite des guer-
riers de sa nation, Abdérame traversa les
Pyrénées par la vallée, depuis si fameuse,
de Roncevaux, envahit l'Aquitaine, marcha
droit sur Bordeaux, emporta la place de vive
force, la livra aux flammes et passa au fil de
l'épée la plus grande partie de ses défenseurs.
ne désastre do celte cité répandit la con-
sternation dans la Gaule tout entière. La
terreur redoubla, quand on apprit que les
Snrrasins s'avançaient de la Garonne vers la
Loire. A l'approche de ces hordes barbares
qui ravageaient avec une fureur inouïe le pays
où elles ])assaient,, incendiant les moissons,
saccageant les villes, détruisant de fond en
comble églises et monastères, et massacrant
tout ce qui s'offrait à leurs coups, les popu-