Boekgegevens
Titel: Premières lectures françaises: Fransch leesboek voor de lagere klassen der hoogere burgerscholen enz.
Auteur: Herrig, Ludwig; Helderman, D.J.
Uitgave: Deventer: A. ter Gunne, 1871
Auteursrechten: Zie auteursrechten
Citeerinstructie: Bijzondere Collecties van de Universiteit van Amsterdam, UBM: NO 09-353
URL: https://schoolmuseum.uba.uva.nl/bookid/LCSM_200765
Onderwerp: Taal- en letterkunde naar afzonderlijke talen: Franse taalkunde
Trefwoord: Leesvaardigheid, Frans, Leermiddelen (vorm)
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   Premières lectures françaises: Fransch leesboek voor de lagere klassen der hoogere burgerscholen enz.
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rhiver et se reposer de leurs fatigues. Alors
les chefs ne conservaient autour d'eux que
leurs fidèles, c'est-à-dire ceux qui s'étaient
particulièrement attachés à leur service ; mais
lorsqu'ils se furent répandus dans les Gaules,
au lieu de donner à leurs leudes, comme
auparavant, des chevaux de bataille et des
francisques, ils leur distribuèrent, autour de
la demeure qu'ils avaient choisie, des champs
avec des esclaves pour les cultiver. Ces
champs ainsi partagés reçurent le nom de
Terres saliques, parce que les Saliens furent
les premiers qui en firent usage ; et Clovis
eut soin d*en accorder un grand nombre à
ses compagnons, afin qu'ils se tinssent sans
cesse réunis autour de sa personne, et fus-
sent toujours disposés à former son armée.
Mais lorsque les premiers jours du prin-
temps avaient reparu", on voyait les Francs,"
accourant de toutes les parties de la Gaule,
se montrer en armes autour de leur roi, et
former une assemblée que l'on nommait uu
Champ de Mars, où ils décidaient de quel
côté ils recommenceraient à guerroyer, et
surtout à exercer de nouveaux pillages ; le
roi était alors obligé de les conduire où ils
voulaient aller, et vous n'aurez j^as de peine
à croire qu'avec de pareils sujets Clovis
n'était pas toujours sûr d'être obéi.
Dans ce temps-là, il arriva précisément
que Clovis se vit forcé de marcher avec son
armée à la rencontre d'un nouveau peuple
germanique qui, ayant passé le E.hiu, préten-
dait à son tour chasser les Francs de la
Gaule. Les Allemands, c'était ainsi que l'on
nommait ce peuple, étaient aussi braves et
beaucoup plus nombreux que les soldats de
Clovis, et ils devaient être suivis de plusieurs
autres tribus barbares qui auraient bientôt
exterminé toute la nation franque.
Clovis s'étant avancé au-devant d'eux, les
rencontra dans un endroit appelé Tolbiac, où
s'engagea une terrible bataille qui coûta la
vie à un grand nombre de guerriers de part
et d'autre. Le roi des Francs, malgré son
habileté et son courage, faillit être pris ou
tué dans la mêlée, et pendant un instant la
victoire parut près de lui échapper.
^ Mais en ce moment, Clovis se souvint que
' la reine lui avait souvent parlé de la bonté
de Dieu, qui n'abandonne jamais ceux qui
l'invoquent daus leur détresse, et au plus
fort de la bataille , il s'écria qu'il se ferait
chrétien avec toute son armée, si le dieu de
Clotildc lui accordait la victoire.
Le roi n'eut pas plutôt prononcé ces pa-
roles que ses soldats reprirent courage.
Les Allemands, au contraire, frappés d'é-
pouvante, s'enfuirent de toutes parts, et la
"ortune se déclara pour l'armée des Francs.
Alors Clovis, reconnaissant que c'était au
dieu de Clotilde qu'il devait la défaite de
ses ennemis, fit savoir à cette princesse qu'il
avait résolu de recevoir le baptême; et la
joie qu'elle en ressentit fut si grande, que
peu s'en fallut que cette bonne nouvelle ne
la fît mourir de plaisir.
En effet, peu de temps après, le roi pria
un saint évêque, nommé Remi, de le bap-
tiser , avec trois mille de ses soldats, dans
l'église de la ville de Reims, où s'accom-
plit cette cérémonie, à la vue d'une multi-
tude de peuple frappée de respect et d'ad-
miration.
C'est en mémoire de cet événement re-
marquable que l'usage s'établit, plusieurs
siècles après, "d'amener en grande pompe
les rois français dans la même cathédrale
de Reims, non pour y recevoir le baptême,
parce qu'ils étaient toujours baptisés en
naissant, mais pour que l'archevêque de
Reims, successeur de saint Remi, posât sur
leur front la couronne, dans une solennité
religieuse à laquelle ou donnait le nom de
Sacre du roi.
Un grand nombre de Francs, suivant l'ex-
emple de Clovis, reçurent le baptême peu
de mois après lui; mais beaucoup d'autres
de ces Barbares continuèrent d'adorer les
faux dieux. Ce fut seulement" par la suite
des temps que toute leur nation se conver-
tit au christianisme, qui depuis cette époque
a toujours été la seule religion pratiquée
dans les Gaules.
Vous trouverez dans plusieurs livres, mes
jeunes amis, et surtout au bas des portraits
ou des médaillons qu'ils renferment, Clovis
désigné comme le premier roi de France:
c'est une erreur dont il faut vous défendre,
parce que du temps de Clovis, il n'y avait
encore ni royaume de France, ni peuple
français. Les Gaules, dont vous savez que
ce prince n'occupait que Ta partie comprise
entre le Rhin et la Loire, étaient alors ha-
bitées par des Gaulois , des Bourgondes et
une nmltitude d'autres Barbares, parmi les-
quels les Francs n'étaient que des étran-
gers. C'était de ces derniers seulement que
Clovis était le roi ; mais il parvint succes-
sivement à étendre sa domination sur les
contrées méridionales situées de l'autre côté
de cette rivière, et dont les Visigoths s'é-
taient d'abord emparés?- Il défit même et
tua de sa propre main, dans uue bataille
livrée auprès d'un lieu nommé Vouglé, le
roi de ces peuples guerriers appelé Alavic II,