Boekgegevens
Titel: Premières lectures françaises: Fransch leesboek voor de lagere klassen der hoogere burgerscholen enz.
Auteur: Herrig, Ludwig; Helderman, D.J.
Uitgave: Deventer: A. ter Gunne, 1871
Auteursrechten: Zie auteursrechten
Citeerinstructie: Bijzondere Collecties van de Universiteit van Amsterdam, UBM: NO 09-353
URL: https://schoolmuseum.uba.uva.nl/bookid/LCSM_200765
Onderwerp: Taal- en letterkunde naar afzonderlijke talen: Franse taalkunde
Trefwoord: Leesvaardigheid, Frans, Leermiddelen (vorm)
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   Premières lectures françaises: Fransch leesboek voor de lagere klassen der hoogere burgerscholen enz.
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93. LE BAPTÊME DE CLOVIS.
Près de cent ans s'étaient écoulés avant
que chacun de ces peuples barbares eût
occupé dans les Gaules la place qu'il de-
vait y conserver ; les Visigoths et les Bour-
gondes furent les premiers à fonder des
établissements durables , et ce fut un grand
bonheur pour les pays où ils s'établirent ;
mais les Francs, d'humeur plus turbulente,
ne renoncèrent qu'avec peine à l'existence
vagabonde qu'ils avaient menée jusqu'alors :
toujours stationnés sur la rive occidentale
de la Meuse, ils continuèrent à lancer de
petites troupes de pillards sur les provin-
ces voisines, d'où i s se retiraient, suivant
leur coutume, aussitôt qu'ils avaient ra-
massé autant de butin qu'ils pouvaient en
emporter.
Telle était la situation des provinces gau-
loises plus d'un siècle après l'invasion des
Barbares, lorsque, parmi les Saliens , il se
trouva un chef renommé par ses exploits
de guerre qui, réunissant une partie de sa
tribu, s'avança sur les bords de la Meuse
jusqu'à Tournai, l'une des principales villes
de ce pays, dont il fit sa demeure habitu-
elle. Cet audacieux aventurier, qui se nom-
mait Glovis , appartenait à la famille des
Mérowings ou Mérowingiens, la plus illustre
de la tribu saliennc, parce qu'elle descendait
d'un ancien roi franc appelé Mérowig, ce qui,
dans la langue des Barbares, voulait dire :
»Eminent guerrier."
Or , ce serait une erreur de croire que
les rois de ce temps-là fussent, comme les
princes que l'on a vus depuis en Europe ,
de très-grands personnages, auxquels cha-
cun se soumît sans résistance, et qui gou-
vernassent tout un royaume par le seul
pouvoir de leur volonté. Les rois francs
étaient tout simplement des guerriers plus
braves ou plus heureux que leur compagnons
d'armes, que ceux-ci choisissaient pour
cliefs dans les courses qu'ils voulaient en-
treprendre. H fallait donc aussi qu'ils fus-
sent plus habiles, plus audacieux, et quel-
quefois aussi plus féroces que leurs soldats
eux-mêmes, afin de s'en faire craindre et
respecter. Leur seule distinction était de
porter leurs longs cheveux graissés d'huile
parfumée , au lieu du beurre rance dont se
servaient les autres Francs, et cette cheve-
lure était la principale marque de leur digni-
té, car dès qu'elle était coupée, ils per-
daient toute autorité sur leurs sujets. C'est
pour cela que vous verrez souvent ces pre-
miers chefs des Francs désignés par le nom
de »Hois chevelus,"
Ces princes étaient habituellement accom- '
pagnés d'un certain nombre de guerriers qu'ils
attachaient à leur personne moyennant quel-
ques présents, tels qu'un cheval de bataille,
une francisque, ou une autre arme de guerre;
ces guerriers portaient le nomdeLeudes, ce
qui veut dire fidèles, et ils formaient autour
du maître qu'ils avaient choisi une garde
nombreuse et déterminée.
Clovis donc était le chef, ou, si vous l'ai-
mez mieux, le roi des Saliens stationnés à
Tournai; et c'était de là qu'il se mettait en
marche avec son armée, qui ne comptait
guère plus de cinq à six mille combattants,
)Our aller enleverj soit aux Gaulois qui ha-
ntaient entre la Meuse et la Loire, soit aux
autres Barbares eux-mêmes, leurs esclaves
et leur butin. Mais comme il n'était pas
moins rusé qu'entreprenant, et que d'ailleurs
il trouvait bons tous les moyens qui lui
étaient utiles, il finit par devenir le plus
puissant de tous les princes francs, qui,
comme lui, faisaient métier de dévaster la
Gaule. Après avoir en quelques années,
tantôt par la ruse, tantôt par la force, sur-
monté tous ,les obstacles qu'il rencontra sur
son passage, il transporta sa demeure de
Tourjiai à Paris, autrefois nommé Lutèce
par les -Romains, et qui n'était alors qu'une
toute petite ville, comprise entre les deux
bras de la Seine. H parvint même à faire
périr par une. trahison le roi des Francs ri-
puaires qui lui portait ombrage, et se trouva
ainsi en peu d'années le seul chef de tous
les Francs répandus depuis le Rhin jusqu'à
la Loire.
Clovis, par son habileté et son astuce
plus encore que par son courage, étant donc
devenu le seul roi des Francs, prit pour
femme une belle princesse nommée Clotilde,
qui était fille d'un roi de Bourgogne. Cette
princesse était chrétienne, et elle n'avait pas
moi-iis de vertu que de beauté; aussi, lors-
qu'elle fut mariée et qu'elle vit Clovis,
comme tous les hommes de sa nation, ado-
rer les fausses divinités de sou pays, elle
s'en affligea sincèrement, et pria Dieu de :
toute son âme pour que Clovis se fît bap- ■
tiser et embrassât la religion chrétienne, qui
rend les hommes plus doux et plus humains,
en leur apprenant à modérer leurs mauvais
penchants.
C'était l'usage parmi les Francs, même
lorsqu'ils habitaient encore leurs forêts de :
Germanie, de se disperser sur toute la sur-
face du pays qu'ils occupaient pour y passer