Boekgegevens
Titel: Premières lectures françaises: Fransch leesboek voor de lagere klassen der hoogere burgerscholen enz.
Auteur: Herrig, Ludwig; Helderman, D.J.
Uitgave: Deventer: A. ter Gunne, 1871
Auteursrechten: Zie auteursrechten
Citeerinstructie: Bijzondere Collecties van de Universiteit van Amsterdam, UBM: NO 09-353
URL: https://schoolmuseum.uba.uva.nl/bookid/LCSM_200765
Onderwerp: Taal- en letterkunde naar afzonderlijke talen: Franse taalkunde
Trefwoord: Leesvaardigheid, Frans, Leermiddelen (vorm)
Bekijk als:      
Scan: Afbeeldinggrootte:
   Premières lectures françaises: Fransch leesboek voor de lagere klassen der hoogere burgerscholen enz.
Vorige scan Volgende scanScanned page
- 97
Leur langue, le celtique, se retrouve encore
dans le bas-breton. Leur gouvernement était
en partie théocratique. Les druides , leurs
prêtres, formaient un vaste corps qui exer-
çait sur les affaires la plus grande influence.
Leurs temples étaient les forêts ou bien ces
étranges enceintes de rocs énormes dont on
trouve des traces dans toute la France ,
mais surtout eu Bretagne ; leurs autels étaient
arrosés du sang des victimes humaines. »Us
pensaient, dit César, que les dieux ne peu-
vent être apaisés qu'à ce prix; ils ont même
institufé des sacrifices publics en ce genre.
Us ont quelquefois des mannequins d'une
grandeur immense et tissus en osier, dont ils
remplissent l'intérieur d'hommes vivants; ils
y niettent le feu et font expirer leurs victimes
dans les flammes." A côté de la caste des
druides , était celle des nobles ou des prin-
cipaux guerriers, qui s'étaient fait remarquer
par quelque action d'éclat.
Les Gaulois étaient vaillants et belliqueux ;
leurs expéditions en Italie les rendirent long-
temps l'effroi des Romains. »Race indomp-
table , disaient ceux-ci , qui fait la guerre
non seulement aux hommes, mais à la nature
et aux dieux. Ils lancent des flèches contre
le ciel quand il tonne ; ils prennent les
armes contre la tempête; ils marchent, l'épée
à la main, au-devant des fleuves débordés
ou de l'Océan en courroux." Les Romains
lirircnt à leur tour l'offensive ; des divisions
des Gaulois leur ouvrirent le pays. Les
rives de la Méditerranée, déjà occupées par
les Grecs , furent d'abord conquises et for-
mèrent la province narbonnaise. Puis César
soumit en huit campagnes le reste de la
Gaule. Ce ne fut pas sans éprouver une
résistance héroïque. Le Vercingétorix des
Arvernes, choisi pour chef par les autres
peuples gaulois, se montra quelque temps le
digne adversaire de César, qu'il eut la gloire
de forcer à la retraite devant les murs de
Gergovie, mais eufin il dut céder et vint se
livrer lui-même (52 avant Jésus-Christ); le
sort de la Gaule était alors décidé.
La Gaule demeura cinq siècles sous la
domination de Rome, qui la transforma par
la puissance de sa civilisation. Auguste la
divisa en quatre provinces et soixante ci-
tés; au 4e siècle, une disposition nouvelle
la partagea en dix-sept provinces et, cent
vingt cités. Les forêts druidiques tombè-
rent sous la hache; les villes s'augmentèrent,
s'embellirent, se multiplièrent; les routes
sillonnèrent ies parties es plus reculées ilu
pays; des arcs ' de triomphe, des temples ,
des cirques ornèrent les cités les plus con-
sidérables , surtout dans le Midi ; des écoles
célèbres s'élevèrent à Bordeaux, Lyon, Vienne,
Autun; les Gaulois y brillèrent et donnèrent
à la littérature latine un glorieux contingent
de poëtes et de savants. Le commerce et
l'industrie enrichirent le pays jusqu'au jour
ovi les vices du gouvernement impérial ame-
nèrent la misère à la suite de la richesse.
Les champs se dépeuplèrent et la culture
cessa. En même temps, les barbares enta-
maient déjà la frontière. L'empereur Julien
établit les Francs Saliens sur les bords de
la Meuse. Eufin , une révolution religieuse
achevait d'ébranler la constitution de l'em-
pire: le christianisme réparateur et consola-
teur avait tout envahi ; il avait pénétré,
dès le 2e siècle dans le midi de la Gaule ,
et au 3e, dans les contrées du centre et du
nord. La Gaule déjà préparée par les doc-
trines druidiques reçut avidement le chris-
tianisme ; elle sembla se reconnaître et trouver
son bien. Nulle part il ne compta plus de
martyrs. Mais la nouvelle croyance se
répandit plus lentement dans les campagnes.
L'empire romain était sur le déclin quand
les barbares arrivèrent. Un torrent traversa
la Gaule en la dévastant. Quelques-uns des
envahisseurs s'y fixèrent : les Bourgondes
entre le Rhône et les Alpes; les \isigoths
dans le Narbonnais et l'Aquitaine; les Francs
sur les bords de la Somme. Tous ces peu-
ples étaient germaniques. Survinrent les
Huns, race étrangère et formidable, également
odieuse aux Germains et aux Romains , qui
se réunirent contre elle ; ces Asiatiques fu-
rent détruits dans la plaine de Châlons et
Attila s'enfuit (452). Depuis ce jour, où la
Gaule vit se lieurter sur sou territoire tous
les peuples du monde , on peut dire qu'elle
devint le cœur de l'Europe nouvelle. La
petite peuplade des Francs, qui comptait
seulement cinq mille guerriers, était encore
cantonnée au delà de la Somme lorsque Clo-
vis la conduisit à la conquête de la Gaule.
A la bataille de Soissons il balaya le dernier
débris de la domination romaine en Gaule.
Cette victoire lui livra le centre de la Gaule
jusqu'à la Loire. Devenu époux de Clotildc
et Chrétien, il s'ouvrit le midi par ses rela-
tions avec les évêques. En 600, les Bour-
gondes sont soumis au tribut; en 607 les
Visigoths, vaincus à Vouillé, sont rejetés au
delà des Pyrénées et l'empire des Francs est
fondé. Des assassinats et des perfidies ache-
vèrent de réunir sous l'autorité de Clovis
les autres tribus franques qui avaient encore
des rois particuliers. (Malte-tirun).