Boekgegevens
Titel: Premières lectures françaises: Fransch leesboek voor de lagere klassen der hoogere burgerscholen enz.
Auteur: Herrig, Ludwig; Helderman, D.J.
Uitgave: Deventer: A. ter Gunne, 1871
Auteursrechten: Zie auteursrechten
Citeerinstructie: Bijzondere Collecties van de Universiteit van Amsterdam, UBM: NO 09-353
URL: https://schoolmuseum.uba.uva.nl/bookid/LCSM_200765
Onderwerp: Taal- en letterkunde naar afzonderlijke talen: Franse taalkunde
Trefwoord: Leesvaardigheid, Frans, Leermiddelen (vorm)
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   Premières lectures françaises: Fransch leesboek voor de lagere klassen der hoogere burgerscholen enz.
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elles se corrompent et dépérissent. Les
nomades au contraire restent étrangers à la
civilisation, mais sont toujours jeunes.
Comme les montagnes réunissent sur un
espace restreint la triple nature des plaines
cultivables, des contrées de paturages, et
de ces régions froides dont les bêtes sau-
vages sont les plus nombreux habitants ; les
peuples montagnards peuvent être à la fois
cultivateurs, bergers et chasseurs. Ils se
divisent dans leurs nombreuses vallées ,
comme les chasseurs dans leurs plaines dé-
sertes , en une multitude de peuplades dis-
tinctes; mais ils ne s'isolent pas les uns
des autres, et la même langue parfois est
parlée dans toute une chaîne de montagnes.
Ils ont les mœurs simples de nomades, leur
force, leur courage, leur esprit indépendant,
leur hospitalité, leur noblesse d'âme, leur
intelligence ouverte: mais ils ont un extrême
attachement à leur sol natal, ils ne sont
nullement des peuples conquérants, ils sont
bien au contraire le refuge des anciennes
mœurs qui disparaissent autour d'eux de-
vant une civilisation uniforme, et l'asile de
la liberté qui fuit devant les armes de l'é-
tranger (Samnites, Arvernes, Cantabres et
Asturiens, Gallois, Calédoniens, Dalécarliens,
Norvégiens, Suisses, Tiroliens). La civili-
sation des plaines voisines a pénétré dans
plusieurs contrées jusqu'au sein des mon-
tagnes ; elle ne peut sans doute y produire
tous ses fruits, mais au moins elle s'y con-
serve plus pure et y dégénère plus lente-
ment que partout ailleurs. Si le sol ne
suffit pas à la nourriture de ses habitants,
ils émigrent, comme ouvriers, dans les plai-
nes où ils passent un temps plus ou moins
court (Savoyards, Grisons, ïiroliens, Auver-
gnats , Galliciens , Dalécarliens), ou restent
chez eux et forment de petits peuples in-
dustriels qui se distinguent par leur acti-
vité, leur esprit d'ordre, leur génie inventif
(Neuchâtelois , Glaronais , Appcnzellois , Ti-
roliens , habitants de la ForêL-Noire, de la
Porêt de Thuriuge et fies autres monts
Hercyniens, etc.).
Les contrées les plus favorables à la ci-
vilisation sont les contrées des zones tem-
pérées, parce qu'elles obligent l'homme à
un travail modéré; vers l'équateur ou vers
,1 les pôles, la terre est trop prodigue ou- trop
avare de ses richesses. Les régions tem-
pérées les moins fertiles et les plus froides
développent chez leurs habitants une indu-
strieuse et persévérante activité, l'esprit
d'ordre, d'économie, de calcul, l'intelligence
et l'amour des sciences , tandis qu'une na-
ture plus fertile et plus chaude donne a
l'homme plus de loisir, plus de liberté d'es-
prit , et en même temps aussi plus d'élan
d'âme, des passions plus vives et plus de
goût pour les beaux-arts. (Comp. l'Euro-
péen du nord et celui du midi, le Français
du nord et celui du midi, l'Allemand du
nord et celui du midi, l'Américain-uni du
nord et celui du midi.)
3) Mer et fleuves. La mer entrave les
relations des peuples tant que l'art de la
navigation est dans l'enfance ei que les
marins n'osent pas s'écarter des côtes. Au-
jourd'hui que les vaisseaux sont construits
avec une grande perfection, et que les vents
et les courants sont bien connus, le même
espace se franchit sur mer beaucoup plus
rapidement que sur terre.
Les côtes sont occupées ou par des peu-
plades sauvages, ou par des nations civili-
sées.
Les sauvages qui habitent les côtes océani-
ques sont ichtyophages; ils ont des canots
plus ou moins informes, et sont moins dé-
veloppés encore que les chasseurs des forêts
et des steppes. La chasse exige plus de
courage, d'adresse et d'activité que la pêche.
(Esquimaux, Tschouktches, Aleutcs, dans un
climat très-rigoureux; les Arabes du Germasir
persan ; peuplades nègres et malaises des îles
océaniennes, etc.)
La mer exerce sur les nations civilisées''
dont elle baigne la demeure, une action qui
diffère complètement selon la nature des
côtes.
Si les côtes sont basses et n'ont pas de
bons ports, le- peuple restera tout-à-fait
étranger à la mer (peuples de Coromandel,
de la Chine septentrionale, de l'Iran, de
l'Egypte, des Etats-Unis du Sud), ou fera
de grands efforts pour améliorer ses" ports
naturels et pour en créer de nouveaux (Erance,
Russie).
Une côte dangereuse par ses écueils, ses
courants, ses tempêtes, effraie ses habitants,
ou forme d'intrépides marins (les pirates
Normands et les commerçants Norvégiens;
à certains égards les Anglais).
Les côtes riches en bons ports, favorisent
d'une manière remarquable le développement
de leurs habitants , qui deviennent des
peuples commerçants, industrieux, riches,
très-civilisés, et qui sèment leurs colonies
sur toutes les côies de leur mer, de leur
océan, de la terre entière. Tels ont été ou
sont les Phéniciens, les Arabes, les peuples
de Malabar, les Chinois du Fou-kien et du
Quantong, les Malais, les Grecs, les Espa-