Boekgegevens
Titel: Premières lectures françaises: Fransch leesboek voor de lagere klassen der hoogere burgerscholen enz.
Auteur: Herrig, Ludwig; Helderman, D.J.
Uitgave: Deventer: A. ter Gunne, 1871
Auteursrechten: Zie auteursrechten
Citeerinstructie: Bijzondere Collecties van de Universiteit van Amsterdam, UBM: NO 09-353
URL: https://schoolmuseum.uba.uva.nl/bookid/LCSM_200765
Onderwerp: Taal- en letterkunde naar afzonderlijke talen: Franse taalkunde
Trefwoord: Leesvaardigheid, Frans, Leermiddelen (vorm)
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   Premières lectures françaises: Fransch leesboek voor de lagere klassen der hoogere burgerscholen enz.
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vertes de nature et dont les autres sont
boisées ou ont été défrichées.
Dans les régions boréales, dans les plai-
nes de la zone torride que d'épaisses forêts
recouvrent encore (Selvas de l'Amazone,
etc.), et même dans plusieurs steppes de
l'Amérique (du Mississipi, de l'Orénoque,
du Paraguay), les bêtes sauvages sont avec
les poissons des rivières la principale nour-
riture de rhomme. Les peuples chasseurs
et pêcheurs vivent dans une extrême misère.
Ils sont formés d'un petit nombre de fa-
milles, et s'isolent les uns des autres dans
les vastes solitudes où ils transportent de
lieu en lieu leurs tentes de peau ou leurs
huttes chétives. Ils ne sortent de leur im-
prévoyante oisiveté que pour se procurer
leur subsistance ou. pour prendre les armes.
La sphère de leurs idées est très-restreinte
et toute leur intelligence se porte sur des
choses d'un intérêt matériel. Leurs moeurs
sont grossières; mais taudis que plusieurs
d'entre eux ont un esprit implacable de
vengeance, une cruauté atroce et les vices
les plus hideux, d'autres au contraire se
distinguent par uue fermeté de caractère et
une intrépidité, par une droiture et une fidé-
lité conjugale, qui fout honte aux peuples
les plus civilisés. La plupart n'ont pas de
chefs; quelques-uns en ont en temps de
guerre, d'autres sont soumis à d^s chefs
permanents qui ne possèdent pas une grande
autorité. Dans leurs migrations, ils culti-
vent parfois de petits coins de terre; et ils
se plaisent à orner de sculptures informes
leurs armes, leurs ustensiles, leurs canots.
Les steppes de l'Ancien-Monde sont la
demeure des peuples pasteurs et nomades,
qui sont à tous égards supérieurs aux peu-
ples sauvages, ou chasseurs et pêcheurs,
ils possèdent des animaux apprivoisés qui
leur procurent une subsistance assurée,
Tous les membres d'une même famille se
réunissent autour du plus ancien d'entre
eux, du patriarche; plusieurs familles for-
ment une tribu qui est soumise à un chef,
et parfois la horde entière, qui comprend
un certain nombre de tribus, obéit à un
chef supérieur. Leurs traits distinctifs sont
une grande simplicité de mœurs, une vie
frugale, un corps robuste, une âme contente
de peu, un caractère plein de noblesse et
de franchise, une hospitalité désintéressée,
uu vif sentiment d'honneur, du courage, un
grand amour de la liberlé, des amitiés inal-
térables et des haines inextinguibles, une
intelligence ouverte et des notions de Dieu
simples oomme le culte qu'ils lui rendent.
Ils forment de grands peuples, et montés
sur le cheval ou le chameau, ils promènent
dans de maigres pâturages leurs troupeaux
nombreux; ils s'avancent jusqu'aux limites
de leurs steppes, apprennent à connaître les
pays plus fertiles qui les avoisinent, ne
tiennent à leur patrie que par les plus fai-
bles liens, et s^nt toujours prêts à se jeter
sur les nations agricoles et à s'établir au
milieu d'elles.
La différence de la steppe à la terre cul-
tivée a des conséquences d'une étonnante
portée: les nomades ainsi que les chasseurs
sont des peuples errants dans leur existence
physique, stationnaires dans leur vie morale:
ils parcourent sans relâche leurs déserts,
mais de fiièole en siècle les enfants sont à
tous égards semblables à leurs pères. Les
nations agricoles ont au contraire des de-
meures fixes, nmis toutes les îacultés de
l'âme se développent chez elles par une
marche progressive, et chaque génération
a sa physionomie particulière.
Les peuples chasseurs et pêcheurs igno-
rent en quelque sorte l'idée de propriété :
ils vont chercher leur nourriture jouiMialière
sur des plaines et dans des forêts immenses
ou le long des océans et des fleuves, et ils
ne songent point à se partager la contrée
qu'ils habitent. Les nomades possèdent des
troupeaux, mais le sol appaitient à chacun.
L'homme qui a labouré un coin de terre à
la sueur de son visage, veut moissonner ce
qu'il a semé, et il établit son habitation
auprès du champ qui est sa propriété ; il
veut que ses droits soient respectés de ses
voisins, et les lois suivent de près l'agricul-
ture; des relations nombreuses, intimes,
durables se forment entre les habitants d'une
même cWtrée , la société s'établit sur des -
fondements stables, les membres se divisent
en plusieurs classes, et les institutions poli-
tiques se régularisent; le travail individuel
et ia vie en commun donnent l'éveil à toutes
les facultés qui prennent leur essor, les
métiers, les beaux-arts, les sciences naissent
et se développent, le monde invisible occupe
la pensée des sages , les dogmes se préci-
sent, la nation a des prêtres et le culte
publique se compose de nombreuses cérémo*
nies et de fêtes solennelles. Cependant des
relations de guerre ou de commerce s'établis-
sent entre les peuples voisins et bientôt même
entre les peuples éloignés , qui s'échangent
leurs marchandises et se communiquent leurs
idées et leurs croyances.
Les nations agricoles sont seules le siège
de la civilisation. Elles se développent, mais -