Boekgegevens
Titel: Premières lectures françaises: Fransch leesboek voor de lagere klassen der hoogere burgerscholen enz.
Auteur: Herrig, Ludwig; Helderman, D.J.
Uitgave: Deventer: A. ter Gunne, 1871
Auteursrechten: Zie auteursrechten
Citeerinstructie: Bijzondere Collecties van de Universiteit van Amsterdam, UBM: NO 09-353
URL: https://schoolmuseum.uba.uva.nl/bookid/LCSM_200765
Onderwerp: Taal- en letterkunde naar afzonderlijke talen: Franse taalkunde
Trefwoord: Leesvaardigheid, Frans, Leermiddelen (vorm)
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   Premières lectures françaises: Fransch leesboek voor de lagere klassen der hoogere burgerscholen enz.
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sur ie champ de bataille. Saint-Michel Ta
sans doute perdue pendant la mêlée. En-
suite, il ne s'agit point ici dune lettre sé-
rieuse , d'une lettre d'affaires ou de famille.
C'est tout simplement une petite intrigue de
collège; et ces secrets-là, il nous est bien
permis de les savoir. _
Lefranc. Nos petites intrigues, tant que
tu voudras, mais non pas les lettres ; je ne
sors pas de là.
Ignace. N'est-ce ças la même chose ?
D'ailleurs, qu'est-ce qu'il écrirait à sa belle?
des bêtises et surtout des médisanses dont
nous fournissons le sujei, il n'y a pas à en
douter. Oui, oui, il doit joliment nous ar-
ranger là-dedans, (montrant la lettre.)
François (la lui arrachant). C'est, ma
foi, vrai. O ! la petite bégueule ne s'amu-
sera pas à nos dépens, je lui en réponds,
(li brise le cachet.) Voyons Ce qu'il lui
écrit.
Les élèves. Oui, lis-nous cela, Eran-
çois.
Lefranc." Vous avez tort, grandement
tort, je ne dis que cela.
François (ù Lefranc). Ta morale est
bonne ; mais il ne faut pas qu'on se moque
de nous. Lisons. (11 Ht:) »Ma très chère
tante."
Un élève. Excusez! cela ne commence
pas tout-à-fait comme un billet doux.
Erançois, Ma foi,-nous aurions dû nous
en douter ; une personne ^qui s'appelle Co-
lère, ça ne peut être qu'une tante ou une
grand' maman. Mais voyons toujours ce
qu'il dit de nous, (Lisant:) »Je vous de-
mande mille pardons du chagrin que la lec-
ture de ces lignes va vous causer. Il n'y
a que quelques semaines que votre sollici-
tude maternelle m'a placé dans ce collège
pour y finir mes classes ; et déjà je viens
vous prier de me retirer d'ici au plus tôt
et de permettre que je retourne à mon an-
cien collège..."
Un élève. Jl se voit démasqué, le traî-
tre, et il veut aller exercer ailleurs son joli
métier.
François (Usant:) »Vous trouverez ma
demande bien naturelle , quand vous saurez
que j'ai été forcé aujourd'hui même de re-
pousser à coups de poing un de mes con-
disciples , qui s'est jeté sur moi comme un
furieux, sans qu'il y ait eu de ma part la
moindre provocation. J'ai lieu de croire
que ces brutalités se renouvelleront encore
souvent ; car ^ tous les internes d'ici parais-
sent avoir formé un complot contre moi, sans
que je sache pourquoi."
Ignace. L'innocent garçon! il ne sait
pourquoi !
François (lisant.-) »Ou plutôt je me
doute bien de quelle source partent toutes
les -vexations dont on m'accable. Un in-
terne, nommé Ignace, à qui j'avais prêté
trois fois de l'argent..."
Ignace. Voyez-vous le menteur! As-
sez, Erançois, rends-moi la lettre ; nous ne
voulons pas en entendre davantage.
Erançois. Pourquoi donc pas? Tu avais
bien deviné que nous étions maltraités dan's
la lettre ; il a commencé par toi, nous al-
lons probablement avoir notre tour. (H lit:)
» . . V à qui j'avais prêté trois fois de l'ar-
gent , a voulu encore m'en emprunter hier
au soir."
Ignace. (T1 fait un mouvement pour s'em-
parer de la lettre; John, placé derrière lui, retient
son bras.) Et VOUS avez la patience d'écouter
de pareilles infamies ? Déchirons ce maudit
papier,
Lefranc. Continue, Erançois, je suis
maintenant d'avis, que nous lisions jusqu'au
bout.
Ignace. Comme vous- voudrez. Quant
à moi, je vais trouver mon Allemand, et
gare'à lui^ s'il me tombe entre les mains.
Voyons, qui est-ce qui viendra avec moi ? —
Personne ? Au revoir donc. (Il sort.)
SCÈNE X.
LUS MÊMES, excepté IGNACE,
François. U paraît que monsieur Ig-
nace tire des carottes à tout le monde. Il
y a quinze jours que je lui ai prêté deux
francs, qu'il devait me rendre jeudi passé;
il s'en est bien gardéet c'est pour l'en
faire souvenir que je lui ai envoyé aujour-
d'hui une carotte.
Un élève. Ta aurais pu lui en envoyer
aussi une en mon nom : il me doit 4 francs.
Un autre. Et à moi I fr. 50, le carot-
tier.
François. Nous sommes floués; il sera
banqueroute l'un de ces jours. Mais con-
tinuons notre lecture. (Lisant.-) »... a
voulu encore m'en emprunter hier au soir.
Je refuse, il se fâche, disant qu'il m'en fe-
rait repentir ; je lui réponds qu'en effet je
me repens de lui avoir déjà prêté de l'ar-
gent. Là-dessus il m'a quitté en criant que
j'aurais bientôt de ses nouvelles et qu'il aj-
lait me mettre tout le collège sur le dos.
Les désagréments que j'ai eu déjà à sup-