Boekgegevens
Titel: Premières lectures françaises: Fransch leesboek voor de lagere klassen der hoogere burgerscholen enz.
Auteur: Herrig, Ludwig; Helderman, D.J.
Uitgave: Deventer: A. ter Gunne, 1871
Auteursrechten: Zie auteursrechten
Citeerinstructie: Bijzondere Collecties van de Universiteit van Amsterdam, UBM: NO 09-353
URL: https://schoolmuseum.uba.uva.nl/bookid/LCSM_200765
Onderwerp: Taal- en letterkunde naar afzonderlijke talen: Franse taalkunde
Trefwoord: Leesvaardigheid, Frans, Leermiddelen (vorm)
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   Premières lectures françaises: Fransch leesboek voor de lagere klassen der hoogere burgerscholen enz.
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vez pas le temps d'y aller vous-même, vous
n'avez qu'à vous adresser à moi ; vous sa-
vez que je suis tout prêt à vous être agré-
able.
Michel part.) Avis au lecteur. (Haat:)
J'honore vos scrupules.. .
Le portier. Oui, ces scrupules m'ho-
norent.
Michel, Et je vais transcrire ma lettre,
pour la soumettre à monsieur le Principal.
(II serre la lettre dans son portefeuille, dans lequel,
il fouille comme pour y chercher un autre papier.)
Mais voyez comme cela se rencontre; il y a
huit jours , j'en ai trouvé une )endant la
promenade , et par étourderie je 'ai gardée
jusqu'ici dans mon portefeuille. Cependant,
vaut mieux tard que jamais ; la voici.
Le por|tier. En rendant intracte cette
lettre, vous faites un acte de probité qui—
que. . .
Michel. Dont vous aurez tout le mé-
rite, en réparant, par votre promptitude à
la faire parvenir à son adresse, le fâcheux
retard causé par ma négligence.
(Ignace paraît à une croisée du premier.)
Le portier. Ce sera sans faute, vous
pouvez y compter. Mais je crains de la
mouiller; ayez la bonté de l'établir sur ma
porte, c'est-a-dire — de —
Michel. De la porter sur votre établi.
Le portier. Précisément! de la loger
dans ma porte. (Michel se dirige vers la loge
du portier, qui lui crie :) C'est-à-dire, de la
porter dans ma loge. (Michel y entre, Ignace
quitte la croisée.) Comme il faut s'expliquer
a^vec ces jeunes étourdis! il faut toujours
leur mettre les i sur les points, pour qu'ils
vous comprennent. Cependant monsieur
Michel n'est pas justement des plus bornés;
il faut lui rendre cette justice. (Michel sort
de la loge et remonte le perron, où il se croise
avec Ignace ; celui-ci se range pour le laisser
entrer, et se glisse furtivement dans la loge.)
Il a, par exemple, assez lestement saisi le
tour que j'ai donné à la conversation pour
lui faire changer sa lettré en une autre.
Le plus drôle dans tout ceci, c'est qu'il
s'imagine m'avoirattrapé. Ah! ah! monsieur
l'Allemand, il faudrait venir de plus loin
pour tromper le citoyen Laboule. iVous
connaissons ces tours de passe-passe. (Imi-
tant la voix d'un joueur de gobelets;) Rieu dans
les mains, rien dans les manches; je mets
cette lettre dans ce portefeuille. Une, .deux,
la voilà partie! Ha, ha, ha! Sont-ils fins,
ces jeunes gens-là' (Pendant ces dernières pa-
roles Ignace a quitté la loge, il tient une lettre
qu'il s'empresse de cacher dans la poche de'son
pantalon; puis il va se mêler parmi les élèves qui
descendent le perron.) Voilà mes gaillards; je
vais leur laisser la place libre. (H rentre.)
SCÈNE X.
ignace, rhançois, lefranc, john, autres
élèves.
François. Eh, te voilà, Ignace; tu as
quitté la table bien vite. Il est vrai qu'on
ne doit plus avoir grand' faim , quand on
a consommé une carotte grosse comme une
pièce de quatre. Car tu l'as mangée,
avoue-le.
Ignace. En tout cas je ne l'aurais pas
digérée de sitôt, tu me l'as servie trop crue.
En attendant que je puisse te régaler à mon
tour, voici quelque chose (montrant la lettre)
que je vous ai gardé pour la bonne bouche.
Devinez cc que c'est.
Un élève. Parbleu! c'est une lettre.
Lefranc. Voyons, qu'est-ce que tu nous
veux avec ta lettre ?
Ignace. Lisons d'abord l'adresse: ))A
Mademoiselle Joséphine Koller à Carlsruhe."
Vous comprenez?
Lefranc. Tu m'impatientes; est-ce que
nous connaissons ta demoiselle Joséphine?
Lis donc le contenu.
Ignace. Comment, nigauds que vous
êtes, vous ne devinez pas que c'est un bil-
let doux que Saint-Michel écrit à quelque
bonne amie, qu'il a laissée dans son pays?
Un élève. Un billet doux! un billet
doux ! il faut nous lire cela, Ignace.
Un autre. Ça doit être drôle, un billet
doux. Dépêche-toi, Ignace,
Lefuanc, Mais, il me semble qu'il ne
faut pas tant nous presser d'ouvrir cette
lettre. Ignace l'a dérobée, je trouve cela
bien mal, et si nous nous permettions de la
lire, nous ne vaudrions guère mieux que ce-
lui qui l'a écrite. Saint-Michel n'est pas
très-scrupuleux dans ses actions, d'après ce
que nous savons sur son compte ; ne faisons
pas comme lui, et restons ndèles à l'hon-
neur. Ecouter aux portes et décacheter des
lettres étrangères, c'est aussi infâme l'un
que l'autre, c'est, voler, voler les secrets
d'autrui. Je vote pour qu'Ignace aille re-
porter le billet où il l'a pris.
François. D'ailleurs la lettre est adres-
sée à une fille, et il n'y a pas de fille parmi
nous, j'espère: nous sommes des hommes!
Tous. Ignace reportera la lettre!
Ignace. D'abord, je ne l'ai pas volée.
Je viens de la trouver au pied du tilleul,