Boekgegevens
Titel: Premières lectures françaises: Fransch leesboek voor de lagere klassen der hoogere burgerscholen enz.
Auteur: Herrig, Ludwig; Helderman, D.J.
Uitgave: Deventer: A. ter Gunne, 1871
Auteursrechten: Zie auteursrechten
Citeerinstructie: Bijzondere Collecties van de Universiteit van Amsterdam, UBM: NO 09-353
URL: https://schoolmuseum.uba.uva.nl/bookid/LCSM_200765
Onderwerp: Taal- en letterkunde naar afzonderlijke talen: Franse taalkunde
Trefwoord: Leesvaardigheid, Frans, Leermiddelen (vorm)
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   Premières lectures françaises: Fransch leesboek voor de lagere klassen der hoogere burgerscholen enz.
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vous encore que c'est vous qui avez pris
des orties pour du réséda^? quand vous avez
la preuve en main , là (il montre les feuilles
de carotte, et puis les jette et marche dessus),
que c'est ce polissou-là qui vous a joué ce
tour infernal. 11 tenait une carotte à la
main, je me le rappelle positivement, quand
il m'a offert ce vin, qui devait m'aveugler
au point de me faire confondre l'innocent
avec le coupable. Ali! il me le paiera, son
vin, c'est-à-dire son... sa ... ses ... je
veux dire (se frottant le nez) les lampions qui
illuminent mon pauvre nez. Mais patience!
tant va la cruche à l'eau qu'à la fin...
(on gesticulant trop vivement il laisse tomber le
litre). Voilà! (Il ramasse les fleurs une à une.)
Heureusement qu'il n'y a eu que des fleurs
dedans. (11 rejette 'quelques débris de verre.)
Prenons garde de nous blesser les doigts ; —
il ne manquerait plus que ça !
SCÈNE IX.
le portier, michel.
Le portier (Sans voir Michel et continuant à
ramasser les fleurs et à chasser les morceaux de
verre de côté et, d'autre). C'est pourtant Ce
vaurien-là qui est cause de tout cela. Mais
j'espère bien avoir ma revanche; il aura
encore besoin de mon ministère. 11 me
semble entendre sa voix de cajoleur (contre-
faisant la voix du jenne homme); Mon bon mon-
sieur Laboule. (Grossissant sa voix). Impossible,
monsieur Erançois.
MicheL articule les b, d, j , g, comme
p, t, ch, q.) Dites donc, portier.
Le portier. Laissez-moi, vous dis-je.
Michel. Pardon, monsieur La..,
Le portier (vivement). Vous ne méri-
tez pas qu'on vous pardonne. Je suis'bon
enfant, j'aime mon semblable; mais quand
on me pique au vif (il se gratte le nez),-
alors, voyez-vous. ..(se redressant et reconnais-
sant Michel). Comment, c'est vous, monsieur
Michel ? Et où est donc l'autre? mon mauvais
génie? (Regardant tie lous eûtes.) Ah! il a
bien fait de filer ; car la moutarde allait
me monter au nez, et.., (il se gratte). Y
a-t-il longtemps que vous êtes là, monsieur
Michel?
MicheL Mais, passablement, monsieur
Lapoule.
^je portier. Ecoutez, monsieur Michel,
vous êtes \m charmant jeune homme; mais
votre façon d'écoreher mon nom ne me va
nullement, soit dit sans vous fâcher. Je ne
m'appelle ni monsieur Lecoq, ni madame
Lapoule; c'est Laboule qu'il faut dire, La-
boule,
Michel. Veuillez me pardonner; vous
savez que je suis Allemand,
Le portier. Oui, c'est là une mauvaise
habitude ; il faudra vous en défaire, mon-
sieur Michel.
Michel (souriant). Je ferai mon possible,
monsieur Lapoule.
Le portier. Boule, boule, boule,
Michel. Je vous remercie bien sincère-
ment de la peine que vous vous donnez de
corriger ma mauvaise manière de pronon-
cer ; je lâcherai de profiter de vos conseils,
et vous prie de vouloir bien me les conti-
nuer. En attendant, et pour me prouver
que vous ne m'en voulez pas, je vous de-
mande en grâce de ne pas refuser le prix de
celte première leçon, (Il lui glisse une pièce
d argent dans la main.)
Le portier. Moi, vous en vouloir, mon-
sieur Michel ? Soyez persuadé que mes sen-
timents —, que votre excellent cœur —, que
ma reconnaissance éternelle— et sans bornes...
Monsieur Michel ! ! ! appelez-moi Lapoule,
si ça vous fait plaisir ; je vous le permets,
je 'exige même.
Michel. Je m'en garderai bien; je sais
que cela vous chagrine. Cependant je vous
prierais de me rendre . , .
Le portier. Ah! vous voulez que je
vous rende ? (Se tâtant les goussets.)
Michel. De me rendre un petit ser-
vice.
Le portier (joyeusement). Mais certaine-
ment, monsieur Michel, vous n'avez qu'à
commander; de quoi s'agit-il?
Michel (tirant une lettre de sa poche). De
me porter cette lettre à la poste.
Le portier (avec embarras). Ah! c'est une
lettre. Hum! Hum! Diable, une lettre. Le
cas est grave, — C'est une lettre que vous
dites?
Michel. Mais oui, la voici.
Le portier. Une lettre, hum! c'est que
.— c'est un fruit défendu. Vous n'ign-orez
pas que toutes les lettres doivent être re-
mises non cachetées à monsieur le Princi-
pal, et que c'est lui qui me charge ensuite
de les porter. Je suis fâché de vous don-
ner un refus; mais le devoir avant tout!
Une lettre, •— c'est-à-dire le devoir — oui,
le devoir et une lettre, c'est quelque chose
de sacrée voyez-vous ; et si, par exemple,
vous en trouvez une dans la rue, gardez-
vous bien de la décacheter. La lettre vcms
ordonne alors de porter le devoir à son
adresse ou bien à la poste ; et si vous n'a-