Boekgegevens
Titel: Exercices de mémoire, de lectures et de déclamation: ou Mélanges, en prose et en vers ...
Auteur: Verenet, George C.
Uitgave: Utrecht: C. van der Post jr, 1862
Auteursrechten: Zie auteursrechten
Citeerinstructie: Bijzondere Collecties van de Universiteit van Amsterdam, UBM: IWO 678 D 63
URL: http://schoolmuseum.uba.uva.nl/bookid/LCSM_205535
Onderwerp: Taal- en letterkunde naar afzonderlijke talen: Franse letterkunde
Trefwoord: Frans, Leermiddelen (vorm), Proza (teksten), Gedichten (teksten)
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   Exercices de mémoire, de lectures et de déclamation: ou Mélanges, en prose et en vers ...
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raliste et le meilleur des hommes, avait coutume de passer tous
les ans au beau château de Verneuil, près de Versailles, une
partie de l'été, pour se délasser des fonctions importantes qui
lui étaient confiées. Parmi les occupations auxquelles se livrait
cet homme célèbre, la culture des fleurs était celle à laquelle
il s'adonnait particulièrement. Il prenait surtout le plus grand
plaisir à soigner un bosquet de rosiers, qu'il avait planté lui-
même dans une demi-lune de bois taillis, formant remise de
chasse, qui se trouvait à proximité du village de Verneuil.
De tous les rosiers qu'avait plantés M. de Malesherbes, au-
cun n'avait trompé son espérance. Des buissons de roses de
différentes espèces, formant dans ce lieu agreste et solitaire un
contraste frappant avec les arbustes sauvages dont ils étaient
environnés, attiraient tous les regards, et produisaient un effet
magique.
L'heureux cultivateur de ce bosquet charmant ne pouvait,
malgré son aimable modestie, se lasser de l'admirer. Il parlait
de ses succès à tous ceux qui se présentaient au château de
Verneuil, et il les conduisait à ce qu'il appelait sa solitude. Il
avait formé un joli banc de gazon, et construit, avec de la
terre et â,es branches d'arbres, une grotte où tantôt il se met-
tait à l'abri de la pluie, où tantôt il préservait sa tête sexagé-
naire des rayons brûlants du soleil. C'est là qne, Plutarqne^)
à la main, sa lecture favorite, il réfléchissait en paix sur les
vicissitudes humaines, et récapitulait avec délice les actions
mémorables dont il avait honoré sa carrière.
„Mais voyez donc," disait-il à toutes les personnes qu'il con-
duisait à cette solitude, „voyez comme tous ces rosiers sont
1) A propos de roses, on dit par catachrèse des roses blanches, des
Ulas blancs. — La catachrese est une espèce de métaphore qui consiste
dans l'abus de la signification propre d'un mot, par ex.: Un fer d*or. —
Faisons aussi observer, qu'il faut dire des roses, des roches moussues,
et non pas mousseuses.
Les Vies de Plutarque ont conservé une grâce toute particulière dans
le vieux style d'Amyot (1513—1593), leur traducteur. L'illustre Racine
le suit presque mot à mot, lorsqu'il décrit les malheurs et les sentiments
de Monime dans la tragédie de Mithridate.