Boekgegevens
Titel: Exercices de mémoire, de lectures et de déclamation: ou Mélanges, en prose et en vers ...
Auteur: Verenet, George C.
Uitgave: Utrecht: C. van der Post jr, 1862
Auteursrechten: Zie auteursrechten
Citeerinstructie: Bijzondere Collecties van de Universiteit van Amsterdam, UBM: IWO 678 D 63
URL: http://schoolmuseum.uba.uva.nl/bookid/LCSM_205535
Onderwerp: Taal- en letterkunde naar afzonderlijke talen: Franse letterkunde
Trefwoord: Frans, Leermiddelen (vorm), Proza (teksten), Gedichten (teksten)
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   Exercices de mémoire, de lectures et de déclamation: ou Mélanges, en prose et en vers ...
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arbre: la difficulté était d'avoir de quoi le remplir; car Teau
venait d'assez loin, et on ne me laissait pas courir pour en
aller prendre. J'employai toutes sortes de ruses pour lui en f
fournir durant quelques jours, et cela me réussit si bien, que
je le vis bourgeonner et pousser de petites feuilles dont je me-
surais Taccroissement d'heure en heure, persuadé, quoiqu'il ne
fût pas à un pied de terre, qu'il ne tarderait pas à m'ombrager.
Comme mon arbre m'occupait tout entier 2), me rendait in-
capable de toute application, de toute étude, que j'étais en
délire, que ne sachant à qui j'en avais, on me tenait de plus
court qu'auparavant, je vis l'instant fatal où l'eau m'allait man-
quer, et je me désolais dans l'attente de voir mon arbre périr
de sécheresse. Enfin, la nécessité, mère de l'industrie, me sug-
géra une invention pour garantir du moins l'arbre d'une mort
certaine: ce fut de faire par dessous terre une rigole qui con-
duisait secrètement au saule une partie de l'eau dont on arrosait
le noyer. Cette entreprise, exécutée avec ardeur, ne réussit
pourtant pas d'abord: je fis si mal la pente, que l'eau ne cou-
lait pas, la terre s'éboulait et bouchait la rigole; l'entrée se
remplissait d'ordures, tout allait de travers.
Rien ne me rebuta. Je creusai davantage la terre et le bassin,
pour donner à l'eau son écoulement; je coupai des fonds de
boîtes en petites planches étroites, dont les unes mises de plat
à la file, et d'autres posées de champ en angle des deux
côtés sur celles-là, formèrent un canal triangulaire pour mon
conduit; je plantai, à l'entrée, de petits bouts de bois menus
et à claire-voie, qui, faisant une espèce de grillage ou de cra-
paudine, retenaient le limon et les pierres, sans boucher le
passage de l'eau. Je couvris soigneusement mon ouvrage de
j) Mieux, et l'on.
2) Tout reste invariable dans l'adjectif composé tout entier.
3) On pr. çug-jé-ra.
4) S'ébouler se dit des terres, du sable, et en général des matières qui
ne sont pas compactes: des dunes s'éboulent. — S'écrouler, signifie s'af-
faisser avec fracas; Une maison ou un mur s'écrouh.
5) De champ, syn. de droit.