Boekgegevens
Titel: Exercices de mémoire, de lectures et de déclamation: ou Mélanges, en prose et en vers ...
Auteur: Verenet, George C.
Uitgave: Utrecht: C. van der Post jr, 1862
Auteursrechten: Zie auteursrechten
Citeerinstructie: Bijzondere Collecties van de Universiteit van Amsterdam, UBM: IWO 678 D 63
URL: http://schoolmuseum.uba.uva.nl/bookid/LCSM_205535
Onderwerp: Taal- en letterkunde naar afzonderlijke talen: Franse letterkunde
Trefwoord: Frans, Leermiddelen (vorm), Proza (teksten), Gedichten (teksten)
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   Exercices de mémoire, de lectures et de déclamation: ou Mélanges, en prose et en vers ...
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Quelques-uns des plus modérés d'entre le peuple lui ayant
crié qu'il prît courage, qu'il continuât sa défense: „Puisque
j'ai affaire à des juges, et non pas à des ennemis," ajouta-t-il,
„je vous dirai, Romains, que j'ai été fait consul avec Virgi-
nius, dans un temps où les ennemis étaient maîtres de la
campagne, et où la dissension et la famine étaient dans la ville.
C'est dans une conjoncture si fâcheuse que j'ai été appelé au
gouvernement de l'Etat. J'ai marché aux ennemis, que j'ai
défaits en deux batailles, et que j'ai contraints de se renfermer
dans leurs places; et pendant qu'ils s'y tenaient comme cachés
par la terreur de vos armes, j'ai ravagé à mon tour leur ter-
ritoire; j'en ai tiré une quantité prodigieuse de grains, que
j'ai fait apporter à Rome, où j'ai rétabli l'abondance. Quelle
faute ai-je commise jusqu'ici? Me veut-on faire un crime d'avoir
remporté deux victoires? Mais j'ai, dit-on, perdu beaucoup
de monde dans le dernier combat. Peut-on donc livrer des
batailles contre une nation aguerrie, qui se défend courageuse-
ment, sans qu'il y ait de part et d'autre du sang de répandu?
Quelle divinité s'est engagée envers le peuple romain, de lui
faire remporter la victoire sans aucune perte? Ignorez-vous
que la gloire ne s'acquiert que par de grands périls? J'en
suis venu aux mains avec des troupes plus nombreuses que
celles que vous m'aviez confiées; je n'ai pas laissé, après un
combat opiniâtre, de les enfoncer; j'ai mis en déroute leurs
légions, qui à la fin ont pris la fuite. Pouvais-je me refuser
à la victoire qui marchait devant moi? Était-il même en mon
pouvoir de retenir vos soldats, que leur courage emportait,
et qui poursuivaient avec ardeur un ennemi effrayé? Si j'avais
fait sonner la retraite, si j'avais ramené nos soldats dans leurs
camps, vos tribuns ne m'accuseraient-ils pas aujourd'hui d'in-
telligence avec les ennemis? Si vos ennemis se sont ralliés,
s'ils ont été soutenus par un corps de troupes qui s'avançait à
leur secours; enfin, s'il a fallu recommencer tout de nouveau
le combat, et si, dans cette dernière action, j'ai perdu quelques
soldats, n'est-ce pas le sort ordinaire de la guerre? Trouverez-
vous des généraux qui veuillent se charger du commandement
de vos armées, à condition de ramener à Rome tous les sol-