Boekgegevens
Titel: Exercices de mémoire, de lectures et de déclamation: ou Mélanges, en prose et en vers ...
Auteur: Verenet, George C.
Uitgave: Utrecht: C. van der Post jr, 1862
Auteursrechten: Zie auteursrechten
Citeerinstructie: Bijzondere Collecties van de Universiteit van Amsterdam, UBM: IWO 678 D 63
URL: http://schoolmuseum.uba.uva.nl/bookid/LCSM_205535
Onderwerp: Taal- en letterkunde naar afzonderlijke talen: Franse letterkunde
Trefwoord: Frans, Leermiddelen (vorm), Proza (teksten), Gedichten (teksten)
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   Exercices de mémoire, de lectures et de déclamation: ou Mélanges, en prose et en vers ...
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814.
votre fureur? Où s'arrêtera votre audace effrénée? Eh quoi!
cette garde qui veille sur le mont Palatin, ces soldats qui par-
courent la ville, la consternation du peuple, les précautions
prises pour défendre ce temple où s'assemble le Sénat, l'af-
fluence des citoyens qui nous entourent, les regards des Séna-
teurs fixés sur vous, rien ne vous étonne, ne vous effraie, ne
vous arrête!
„Ne comprenez-vous pas que vos complots sont découverts?
Ignorez-vous encore que tous vos pas sont éclairés? Que votre
conjuration est, pour ainsi dire, enchaînée? Croyez-vous qu'il
existe ici un Sénateur qui ne soit pas informé de ce que vous
avez fait la nuit dernière et la nuit qui la précédée? du lieu
de vos assemblées, des conjurés qui s'y sont rendus, des fu-
nestes résolutions que vous y avez prises? 0 temps! ô mœurs!
le Sénat connaît toutes ces infamies, le consul les voit, et Ca-
tilina respire encore! Il respire! que dis-je? il paraît au Sénat,
il s'assied parmi nous, il est présent à nos délibérations; son
œil farouche cherche et désigne entre nous ses victimes; et
nous, hommes courageux, nous croyons remplir suffisamment
nos devoirs en détournant de notre sein le poignard de ce
furieux!
„Depuis longtemps, Catilina, le consul aurait dû vous en-
voyer au supplice! depuis longtemps la mort que vous faites
planer sur nos têtes aurait dû frapper la vôtre!" (Cicéron rap-
pelle ensuite les nombreux exemples qui auraient pu l'autoriser
à faire périr Catilina. Il lui prouve qu'en l'envoyant au sup-
plice, il aurait plutôt à craindre qu'on l'accusât de lenteur que
de cruauté). — „Mais ce que j'aurais dû faire depuis long-
temps," ajoute-t-il, „j'ai mes raisons pour le différer encore. Je
vous ferai mourir quand il n'existera plus dans Eome de ci-
toyens, assez méchants, assez pervers, assez semblables à vous
pour ne pas applaudir à votre supplice. Tant qu'il restera
quelqu'un qui ose vous défendre, vous vivrez; mais vous vivrez
comme aujourd'hui, entouré d'une garde nombreuse qui arrê-
tera toutes vos entreprises : partout je placerai autour de vous
des yeux vigilants pour vous surveiller, et des oreilles pour
vous entendre." (Le consul développe aux yeux du conspira-