Boekgegevens
Titel: Exercices de mémoire, de lectures et de déclamation: ou Mélanges, en prose et en vers ...
Auteur: Verenet, George C.
Uitgave: Utrecht: C. van der Post jr, 1862
Auteursrechten: Zie auteursrechten
Citeerinstructie: Bijzondere Collecties van de Universiteit van Amsterdam, UBM: IWO 678 D 63
URL: http://schoolmuseum.uba.uva.nl/bookid/LCSM_205535
Onderwerp: Taal- en letterkunde naar afzonderlijke talen: Franse letterkunde
Trefwoord: Frans, Leermiddelen (vorm), Proza (teksten), Gedichten (teksten)
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   Exercices de mémoire, de lectures et de déclamation: ou Mélanges, en prose et en vers ...
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286.
rière; industrie d'égout et de carrefour, de mansarde et de
ruisseau; industrie de hasard qui a ses espérances, ses maîtri-
ses, son service central; industrie de chiffons, de vieux clous,
de verres cassés, de poèmes épiques et de vaudevilles. Toutes
choses dont je dois parler gravement et avec estime; toutes in-
dustries avouées par la probité la plus sévère, le besoin le plus
légitime; toutes industries qui font vivre des familles, qui en-
voient des enfants au collège, qui donnent des dotes aux filles
à marier, et souvent un tombeau au Père-Lachaise, quand le
spéculateur a été riche, heureux, honnête homme, et qu'il n'a
pas fait son testament pour des ingrats.
Voyez-vous, le petit métier domine dans cette cité florissante.
Il en coûte si cher pour acheter une charge, même d'huis-
sier-priseur ! Il faut tant d'argent pour ouvrir la plus petite
boutique, dans un temps surtout où il n'y pas de boutique
sans glaces contre le mur, et sans acajou au comptoir! Les
propriétaires de Paris sont si durs, le papier est si difficile à
escompter! Cependant, il faut vivre! il faut échapper au désor-
dre et à l'hôpital! Vive donc le petit métier sans boutique,
sans patente, sans propriétaire, sans lettre de change, sans
profit! le petit métier en plein air, à pied, les mains dans les
poches, la hotte sur le dos, ou mollement étendu au coin de
la rue sur les crochets du commissionnaire, attendant un cha-
land qui va venir.
A une heure du matin, quand tout Paris vient d'entrer dans
le sommeil, vous entendez autour-des halles un bruit singuliè-
rement animé. On ne dort pas aux halles. C'est aux halles
que les petits métiers commencent. Alors arrive de toutes parts,
attelé à de petites voitures, un peuple de négociants qui spé-
culeront toute la journée sur un boisseau de pommes de terre,
sui- douze bottes de carottes, sur un paquet d'ognons, sur
quelques douzaines d'œufs. Pendant que le grand commerce
de comestibles reste immobile à sa place, attendant fièrement
les cuisiniers des grandes maisons et le fier cordon-bleu de
1) Cuisinière très-habile, qui s'entend aussi à faire, danser Vanse du pa^
ffÎQj.. — Autrefois, en Frauce, on appelait cordons'bleus les chevaliers de
Tordre du Saint-Esprit.