Boekgegevens
Titel: Exercices de mémoire, de lectures et de déclamation: ou Mélanges, en prose et en vers ...
Auteur: Verenet, George C.
Uitgave: Utrecht: C. van der Post jr, 1862
Auteursrechten: Zie auteursrechten
Citeerinstructie: Bijzondere Collecties van de Universiteit van Amsterdam, UBM: IWO 678 D 63
URL: http://schoolmuseum.uba.uva.nl/bookid/LCSM_205535
Onderwerp: Taal- en letterkunde naar afzonderlijke talen: Franse letterkunde
Trefwoord: Frans, Leermiddelen (vorm), Proza (teksten), Gedichten (teksten)
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   Exercices de mémoire, de lectures et de déclamation: ou Mélanges, en prose et en vers ...
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278.
Desaix était presque en tout le contraire. Simple, timide,
même un peu gauche, la figure toujours cachée sous une ample
chevelure, il n'avait point l'extérieur militaire. Mais, héroïque
au fou, bon avec les soldats, modeste avec ses camarades,
généreux avec les vaincus, il était adoré de l'armée et des peu-
ples conquis par nos armes. Son esprit solide et profondément
cultivé, son intelligence de la guerre, son application à ses
devoirs, son désintéressement, en faisaient un modèle accompli
de toutes les vertus guerrières; et tandis que Kléber, indocile,
insoumis, ne pouvait supporter aucun commandement, Desaix
était obéissant comme s'il n'avait pas su commander. Sous des
dehors sauvages, il cachait une âme vive et très-susceptible
d'exaltation. Quoique élevé à la sévère école de l'armée du
Rhin, il s'était enthousiasmé pour les campagnes d'Italie, et
avait voulu voir de ses yeux les champs de bataille de Casti-
glione, d'Arcole et de Rivoli. Il parcourait ces champs, théâtres
d'une immortelle gloire, lorsqu'il rencontra, sans le chercher,
le général en chef de Tarmée d'Italie; il se prit pour lui d'un
attachement passionné. Quel plus bel hommage que l'amitié
d'un tel homme? Le général Bonaparte en fut vivement touché.
Il estimait Kléber pour ses grandes qualités militaires, mais ne
plaçait personne, ni pour les talents, ni pour le caractère, à
côté de Desaix. Il l'aimait d'ailleurs: entouré de compagnons
d'armes qui ne lui avaieut point encore pardonné son élévation,
tout en affectant pour lui une soumission empressée, il chéris-
sait dans Desaix un dévouement pur, désintéressé, fondé sur
une admiration profonde. Toutefois, gardant pour lui seul le I
secret de ses préférences, faignant d'ignorer les fautes de Klé-
ber, il traita pareillement Kléber et Desaix, et voulut confondre
dans les mêmes honneurs deux hommes que la fortune avait
confondus dans une même destinée.
Notice
FRANÇOIS-AUGUSTE MIGNET est ne' en 1796 à Aix, en Provence.
Après avoir fait son droit à la Faculté' d'Aix, oii il se lia d'une e'troite