Boekgegevens
Titel: Exercices de mémoire, de lectures et de déclamation: ou Mélanges, en prose et en vers ...
Auteur: Verenet, George C.
Uitgave: Utrecht: C. van der Post jr, 1862
Auteursrechten: Zie auteursrechten
Citeerinstructie: Bijzondere Collecties van de Universiteit van Amsterdam, UBM: IWO 678 D 63
URL: http://schoolmuseum.uba.uva.nl/bookid/LCSM_205535
Onderwerp: Taal- en letterkunde naar afzonderlijke talen: Franse letterkunde
Trefwoord: Frans, Leermiddelen (vorm), Proza (teksten), Gedichten (teksten)
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   Exercices de mémoire, de lectures et de déclamation: ou Mélanges, en prose et en vers ...
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276.
reçus les étudiants, les pauvres voyageurs, aux frais de ce pieux
établissement. Les riches mosquées sont en Orient ce qu'étaient
autrefois en Europe les couvents; on y trouve la prière, l'en-
seignement religieux et l'hospitalité. Le jeune fanatique s'ouvrit
de son projet aux quatre sheiks principaux de la mosquée, qui
étaient les chefs de l'enseignement. Ils furent effrayés de sa
résolution, des conséquences qu'elle pouvait entraîner, lui dirent
qu'il ne réussirait pas, et causerait de grands malheurs à l'Egypte,
mais se gardèrent néanmoins d'avertir les autorités françaises.
Quand ce malheureux fut assez confirmé dans sa résolution,
il s'arma d'un poignard, suivit Kléber plusieurs jours, et, n'ayant
pu l'approcher, imagina de pénétrer dans le jardin du quartier-
général, et de s'y cacher dans une citerne abandonnée. Le
14 juin, il se présenta devant Kléber, qui se promenait avec
l'architecte de l'armée. Protain, et lui montrait les réparations
à entreprendre dans la maison du quartier-général, pour y faire
disparaître les traces des bombes et des boulets. Il s'approcha
comme pour demander une aumône, et, tandis que Kléber se
disposait à l'écouter, il s'élança et lui plongea plusieurs fois
son poignard dans le cœur. Kléber tomba sous la violence de
ces coups. L'architecte Protain, qui tenait un bâton, se jeta
sur l'assassin, le frappa violemment à la tête, mais fut ren-
versé à son tour par un coup de poignard. Aux cris des deux
victimes, les soldats accoururent, relevèrent le général expi-
rant, cherchèrent et saisirent l'assassin, qu'ils trouvèrent blotti
derrière un monceau de décombres.
Quelques minutes après cette scène tragique, Kléber n'était
plus. L'armée versa sur lui des larmes amères. Les Arabes
eux-mêmes, qui avaient admiré sa clémence après leur révolte,
unirent leurs regrets à ceux de nos soldats. Une commission
militaire, réunie sur-le-champ, jugea l'assassin, qui avoua tout.
Il fut condamné suivant les lois du pays, et empalé. Les
quatre sheiks qui avaient reçu sa confidence em-ent la tête tran-
chée. On crut devoir à la siireté des chefs de l'armée ces
sanglants sacrifices. Vaine précaution! Avec Kléber, l'armée
avait perdu un général, et la colonie un fondateur, qu'aucun
des officiers restés en Egypte ne pouvait remplacer. Avec Klé-