Boekgegevens
Titel: Exercices de mémoire, de lectures et de déclamation: ou Mélanges, en prose et en vers ...
Auteur: Verenet, George C.
Uitgave: Utrecht: C. van der Post jr, 1862
Auteursrechten: Zie auteursrechten
Citeerinstructie: Bijzondere Collecties van de Universiteit van Amsterdam, UBM: IWO 678 D 63
URL: http://schoolmuseum.uba.uva.nl/bookid/LCSM_205535
Onderwerp: Taal- en letterkunde naar afzonderlijke talen: Franse letterkunde
Trefwoord: Frans, Leermiddelen (vorm), Proza (teksten), Gedichten (teksten)
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   Exercices de mémoire, de lectures et de déclamation: ou Mélanges, en prose et en vers ...
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a mis fin aux croisades. Il y a bien encore quelques expéditions
particulières; on voit bien quelques seigneurs, quelques bandes
partir encore pour Jérusalem; mais le mouvement général est
évidemment arrêté. Cependant il semble que ni la nécessité ni
la facilité de le continuer n*ont disparu. Les Musulmans
triomphent de plus en plus en Asie. Le royaume chrétien fondé
à Jérusalem est tombé entre leurs mains. Il faut le reconquérir;
on a pour y réussir bien plus de moyens qu'on n'en avait au
moment où les croisades ont commencé; un grand nombre de
chrétiens sont établis et encore puissants dans l'Asie mineure,
la Syrie, la Palestine. On connaît mieux les moyens de voyage
et d'action. Cependant rien ne peut ranimer les croisades. Il est
clair que les deux grandes forces de la société, les souverains
d'une part, les peuples de l'autre, n'en veulent plus.
On a beaucoup dit que c'était lassitude, que l'Europe était
fatiguée de se ruer ainsi sur l'Asie. Il faut s'entendre sur ce mot
lassiUide dont on se sert souvent en pareille occasion; il est
étrangement inexact. Il n'est pas vrai que les générations hu-
maines soient lasses de ce qu'elles n'ont pas fait, lasses des
fatigues de leurs pères. La lassitude est personnelle, elle ne se
transmet pas comme un héritage. Les hommes du treizième
siècle n'étaient point fatigués des croisades du douzième; une
autre cause agissait sur eux. Un grand changement s'était opéré
dans les idées, dans les sentiments, dans les situations sociales.
On n'avait plus les mêmes besoins, les mêmes désirs. On ne
croyait plus, on ne voulait plus les mêmes choses. C'est par
de telles métamorphoses politiques ou morales, et non par la
fatigue que s'explique la conduite différente des générations
successives. La prétendue lassitude qu'on leur attribue est une
métaphore sans vérité.
Notice.
louis-adolphe thiers, historien, orateur et homme d'État distin-
gué, est né à Marseille le Iti avril 1797. Par sa mère il appartenait à
une famille de négociants, tombée dans une extrême pauvreté, et par son
père à la classe ouvrière. Après avoir obtenu uue bourse au lycée Impé-
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