Boekgegevens
Titel: Exercices de mémoire, de lectures et de déclamation: ou Mélanges, en prose et en vers ...
Auteur: Verenet, George C.
Uitgave: Utrecht: C. van der Post jr, 1862
Auteursrechten: Zie auteursrechten
Citeerinstructie: Bijzondere Collecties van de Universiteit van Amsterdam, UBM: IWO 678 D 63
URL: http://schoolmuseum.uba.uva.nl/bookid/LCSM_205535
Onderwerp: Taal- en letterkunde naar afzonderlijke talen: Franse letterkunde
Trefwoord: Frans, Leermiddelen (vorm), Proza (teksten), Gedichten (teksten)
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   Exercices de mémoire, de lectures et de déclamation: ou Mélanges, en prose et en vers ...
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269.
Couperîes. Me voici sur la hauteur culminante. La matinée
est délicieuse, Fair est rempli du parfum des jeunes pommiers.
Les prairies, rapidement inclinées sous mes pieds, se déroulent
là-bas avec mollesse; elles étendent dans le vallon leurs tapis
que blanchit encore la rosée glacée du matin. Les arbres qui
pressent les rives de PFndre dessinent sur les prés des méan-
dres d'un vert éclatant, que le soleil commence à dorer au
faîte. Je me suis assis sur la dernière pierre de ia colline, et
j'ai salué en face de moi, au revers du ravin, ta blanche mai-
sonnette, ta pépinière et le toit moussu de ton ajoupa
Pourquoi as-tu quitté cet heureux nid, et tes petits enfants, et
ta vieille mère, et cette vallée charmante, et ton ami le holié-
mien? Hirondelle voyageuse, tu as été chercher en Afrique le
printemps, qui n'arrivait pas assez vite à ton gré! Ingrat! ne
fait-il pas toujours assez beau aux lieux oii l'on est aimé? Que
fais-tu à cette heure? Tu es levé sans doute; tu es seul, sans
un ami, sans un chien. Les arbres qui t'abritent n'ont pas été
plantés par toi; le sol que tu foules ne te doit pas les fleurs
qui le parent. Peut-être supportes-tu les feux d'un soleil ar-
dent, tandis que le froid d'une matinée humide engourdit encore
la main qui t'écrit. Sans doute tu ne devines pas que je suis
là, veillant sur ta pépinière, sur tes terrasses, sur les trésors
que tu délaisses! Peut-être endormi au seuil d'une mosquée,
crois-tu voir en songe les quatre murs blancs où tu as tant
travaillé, tant étudié, tant rêvé, tant vieilli... Peut-être es-tu
au sommet de l'Atlas. .. Ah! ce mot seul efface toute la beauté
du paysage que j'ai sous les yeux. Les jolis myosotis sur
lesquels je suis assis, la haie d'aubépine qui s'accroche à mes
1) Sinuosités d'un fleuve, d'une rivière.
2) Moussu, couvert de mousse; mousseux, qui mousse, se dit des li-
quides sur lesquels il se fait de la mousse.
3) Cabane de nègre.
4) Cette plante, vulgairement nommée ne m*oubliez'pas, et plus je
vous vois, plus je vous aime, croît aux bords des rivières, des ruisseaux
et dans les prairies humides. On en compte quarante espèces, dont la
plupart se trouvent en Europe.