Boekgegevens
Titel: Exercices de mémoire, de lectures et de déclamation: ou Mélanges, en prose et en vers ...
Auteur: Verenet, George C.
Uitgave: Utrecht: C. van der Post jr, 1862
Auteursrechten: Zie auteursrechten
Citeerinstructie: Bijzondere Collecties van de Universiteit van Amsterdam, UBM: IWO 678 D 63
URL: http://schoolmuseum.uba.uva.nl/bookid/LCSM_205535
Onderwerp: Taal- en letterkunde naar afzonderlijke talen: Franse letterkunde
Trefwoord: Frans, Leermiddelen (vorm), Proza (teksten), Gedichten (teksten)
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   Exercices de mémoire, de lectures et de déclamation: ou Mélanges, en prose et en vers ...
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252.
Ah! ne les rends jamais à ce monde profane,
A ce monde de deuil, d'angoisse et de malheur;
Le vent brise et flétrit, le soleil brûle et fane
Jeune fille et jeune fleur.
Tu dors, pauvre Elisa, si légère d'années!
Tu ne crains plus du jour le poids et la chaleur!
Elles ont achevé leurs fraîches matinées,
Jeune fille et jeune fleur.
Mais ton père, Élisa, sur ta cendre s'incline.
Aux rides de son front a monté sa pâleur.
Et vieux chêne, le temps fauche sur sa racine
Jeune fille et jeune fleur.
Notice
jacques delille, lïiis aujourd'hui au rang des petits poètes, naquit le
22 juin 1758, à Tournebèze, près du Puy-de-Dôme. Pauvre et sans res-
source, il passa d'une école de village au collège de Lisieux. (Calvados)^
où il compta toutes ses années par des succès. Au sortir de ses humani-
tés, il fut réduit à accepter une classe élémentaire au collège d^Amiens,
où il trouva le vertueux Thomas, qui lui donna les premières leçons de
versification. Il devint ensuite professeur au collège de la Marche, à Pa-
ris, puis* il obtint, au Collège de France, la chaire de poésie latine, qu'il
a occupée jusqu'à sa mort, arrivée le mai 1812. Avant la révolution,
le comte d'Artois, plus tard Charles X, lui offrit l'abbaye l) de Saint
Séverin, qu'on pouvait posséder sans être dans les ordres; de là le nom
à'ahbê, qu'on donne à Delille, quoiqu'il ne fût pas prêtre. Après le 19
thermidor , Delille quitta Paris et ensuite la France. Rappelé dans son
pays par les plus honorables suffrages, Bonaparte l'accueillit avec empres-
sement. Nous devons à Delille des traductions eu vers des Géorgiques et
de VEnéide de Virgile, du Paradis perdu, de Milton, et de VEssai sur
Vhomme, de Pope; plusieurs poèmes didactiques et descriptifs: \t% Jardins,
V Imagination, VFIomme des champs, les Trois Règnes, la Conversation,
et la Pitié; un dithyrambe sur VImmortalité d<i l'âme, et des poésies
1) On pr. a-bé-i.
2) Ce 11® mois du calendrier républicain commençait le 19 juillet, et
finissait le 17 août.