Boekgegevens
Titel: Exercices de mémoire, de lectures et de déclamation: ou Mélanges, en prose et en vers ...
Auteur: Verenet, George C.
Uitgave: Utrecht: C. van der Post jr, 1862
Auteursrechten: Zie auteursrechten
Citeerinstructie: Bijzondere Collecties van de Universiteit van Amsterdam, UBM: IWO 678 D 63
URL: http://schoolmuseum.uba.uva.nl/bookid/LCSM_205535
Onderwerp: Taal- en letterkunde naar afzonderlijke talen: Franse letterkunde
Trefwoord: Frans, Leermiddelen (vorm), Proza (teksten), Gedichten (teksten)
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   Exercices de mémoire, de lectures et de déclamation: ou Mélanges, en prose et en vers ...
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Il est seul, il est un, il est juste, il est bon;
La terre voit son œuvre, et le Ciel sait son nom!
de lamautine.
Notice.
ALFBED-YicTOB, comte DE VIGNY, poète français, membre de l'Institut,
est né à Loches (Indre-et-Loire), le 27 mars 1799, d'une famille de mi-
litaires originaire delà Beauce , pays qui fait partie du département d'Eure-
et-Loir. 11 vint tout jeuue encore à Paris, oii il prit la passion de la guerre
qui enllammait alors tous les collégiens. A peine âgé de seize ans, lorsque
arriva la Restauration, il fut placé dans les mousquetaires rouges de la
maison du roi, et accompagna Louis XVIII à Gand pendant les Cent-Jours.
Désenchanté de la vie aventureuse et dure du soldat, il se décida, en
1828, à donner sa démission et à rester exclusivement poète.
L'inspiration biblique, que M. Alfred de Vigny devait à une lecture
constante de nos Saintes Écritures, anime la plupart de ses poèmes. Pas-
sionné pour l'art, ami de la solitude et du recneilleraent, il a fait de la
poésie le but unique de son existence, et n'a jamais cédé à aucune am-
bition politique. On accorde généralement à M. Alfred de Vigny l'élé-
gance, la délicatesse du style, une sobriété chaste, qui remue doucement
l'âme, au lieu de la bouleverser. Cependant on lui reproche de manqner
un peu de verve et d'énergie.
Le Mont des Oliviers,
Alors il était nuit et jÉsus marchait seul,
Vêtu de blanc, ainsi qu'un mort dans son linceul;
Les disciples dormaient au pied de la colline.
Parmi les oliviers qu'un vent sinistre incline,
jésus marche à grands pas en frissonnant comme eux:
Triste jusqu'à la mort, l'œil sombre et ténébreux,
Le front baissé, croisant les deux bras sur sa robe,
Comme un voleur de nuit cachant ce qu'il dérobe;
Connaissant les rochers mieux qu'un sentier uni,
Il s'arrête en un lieu nommé Gethsémani.
Il se courbe, à genoux, le front contre la terre,
Puis regarde le ciel en appelant: „Mon Père!"
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