Boekgegevens
Titel: Exercices de mémoire, de lectures et de déclamation: ou Mélanges, en prose et en vers ...
Auteur: Verenet, George C.
Uitgave: Utrecht: C. van der Post jr, 1862
Auteursrechten: Zie auteursrechten
Citeerinstructie: Bijzondere Collecties van de Universiteit van Amsterdam, UBM: IWO 678 D 63
URL: http://schoolmuseum.uba.uva.nl/bookid/LCSM_205535
Onderwerp: Taal- en letterkunde naar afzonderlijke talen: Franse letterkunde
Trefwoord: Frans, Leermiddelen (vorm), Proza (teksten), Gedichten (teksten)
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   Exercices de mémoire, de lectures et de déclamation: ou Mélanges, en prose et en vers ...
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235.
Sommaire.
Il est à noter que M. de Lamartine entreprit, en 1832, un voyage en
Orient, le pays de ses aspirations et de ses rêves. Au mois de mai, il
s'embarqua à Marseille, avec sa femme et sa fille, Julia, sur un vaisseau
qu'il avait équipé et armé lui-même. Ce voyage, qui dura seize mois,
fut signalé par une grande douleur, la mort de sa fille unique, qui succomba
à Beyrouth, et dont le corps fut ramené tristement en France, sur ce même
vaisseau où sa gracieuse jeunesse avait répandu tant de joie et inspiré tant de
poésie, ainsi qu'on le voit par l'élégie ci-après.
Ma Fille.
C'était le seul anneau de ma chaîne brisée.
Le seul coin pur et bleu dans tout mon horizon.
Pour que son nom sonnât plus doux dans la maison,
D'un nom mélodieux nous l'avions baptisée.
C'était mon univers, mon mouvement, mon bruit,
La voix qui m'enchantait dans toutes mes demeures.
Le charme ou le souci de mes yeux, de mes heures.
Mon matin, mon soir et ma nuit;
Le miroir où mon cœur s'aimait dans son image.
Le plus pur de mes jours sur ce front arrêté.
Un rayon permanent de ma félicité,
Tous tes dons rassemblés, seiqnede, sur un visage;
H
Doux fardeau qu'à mon cou sa mère suspendait,
Yeux où brillaient mes yeux, âme à mon sein ravie.
Voix où vibrait ma voix, vie où vivait ma vie.
Ciel vivant qui me regardait!
Eh bien! prends! assouvis, implacable justice.
D'agonie et de mort ce besoin immortel;
Moi-même je l'étends sur son funèbre autel...
Si je l'ai tout vidé, brise enfin mon calice.