Boekgegevens
Titel: Exercices de mémoire, de lectures et de déclamation: ou Mélanges, en prose et en vers ...
Auteur: Verenet, George C.
Uitgave: Utrecht: C. van der Post jr, 1862
Auteursrechten: Zie auteursrechten
Citeerinstructie: Bijzondere Collecties van de Universiteit van Amsterdam, UBM: IWO 678 D 63
URL: http://schoolmuseum.uba.uva.nl/bookid/LCSM_205535
Onderwerp: Taal- en letterkunde naar afzonderlijke talen: Franse letterkunde
Trefwoord: Frans, Leermiddelen (vorm), Proza (teksten), Gedichten (teksten)
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   Exercices de mémoire, de lectures et de déclamation: ou Mélanges, en prose et en vers ...
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224.
Naître, accourir en foule, et jaillir mes pensées.
Mon discours s'attendrit d'un charme intéressant.
Et s'anime à sa voix du geste et de Taccent.
Notice.
Au milieu de la prétendue école philosophique, avait pour chefs Vol-
taire, d'Alembert et Diderot, école qui cherchait à saper tout principe de
moralité et de religiosité, jamais ou ne vit axtoine thomas s'écarter du
chemin de la vertu ni des vrais principes de morale et de religion. Né
à Clermont-Ferrand (Puy-de-dôme|, vers 1732, il vint à Paris pour s'y
appliquer à l'étude des belles-lettres, et se fit d'abord connaître par un
Ehye du maréchal de Saxe, discours qui obtint le prix de l'Académie.
Thomas fut bientôt nommé professeur au Collège royal de Beauvais, où il
occupa durant un long espace de temps une chaire de littérature. A peine
ûgé de vingt-deux ans, ce jeune littérateur eut le courage de combattre
les arguments captieux que Voltaire, qui se voyait alors honoré avec excès,
afiîchait dans son poème sur la Loi naturelle, ouvrage entaché du déisme
le plus abstrait. Le vieillard de Ferney, dont on connaît l'humeur irri-
table, ne s'en fâcha point pour le moment, tant le discours était écrit
avec modération. Au contraire, le philosophe adressa une lettre flatteuse
au panégyriste lauréat, pour le féliciter de son Eloge de Descartes. L'é-
loquence de Thomas était bien plus persuasive que ses démonstrations phi-
losophiques; il excellait dans l'éloge, et s*entendait parfaitement à prouver
qu'elle existe dans les faits, plutôt que dans une vaine adulation.
Une fois au travail, il y tenait si fort, que même en montant à cheval,
il travaillait encore. Le venait-on chercher pour dîner ou pour souper,
il fallait l'arracher de l'étude: toujours dîner, toujours souper, toujours se
coucher, disait-il souvent, on passe nhs de la moitié de sa vie a recom»
mencer ces choses. Dans son éloge de Descartes, l'illustre Académicien
fait une sortie violente, à la vérité un peu outrée, contre le savant Voetius,
professeur à Utrecht, connu comme hérésiarque intolérant. Dans son poème
sur Pierre le Grand {la Pétréide), Thomas, au contraire, rend toute justice
à la nation hollandaise, comme peuple maritime. VÉloge de Marc-
Aurele est un chef-d'œuvre d'éloquence. On lui reprochait, surtout dans
ses poésies, une enflure que Voltaire (sans doute par réminiscence) appelait
plaisamment Galithomas pour Galimathias 1). Il est mort près de Lyon
en 1785.
1) On fait venir cette expression, qui signifie discours confus, obscur, inintel-
ligible, de gallus, coq, et de Mathias, mots qu'un avocat, chargé par