Boekgegevens
Titel: Exercices de mémoire, de lectures et de déclamation: ou Mélanges, en prose et en vers ...
Auteur: Verenet, George C.
Uitgave: Utrecht: C. van der Post jr, 1862
Auteursrechten: Zie auteursrechten
Citeerinstructie: Bijzondere Collecties van de Universiteit van Amsterdam, UBM: IWO 678 D 63
URL: http://schoolmuseum.uba.uva.nl/bookid/LCSM_205535
Onderwerp: Taal- en letterkunde naar afzonderlijke talen: Franse letterkunde
Trefwoord: Frans, Leermiddelen (vorm), Proza (teksten), Gedichten (teksten)
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   Exercices de mémoire, de lectures et de déclamation: ou Mélanges, en prose et en vers ...
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188.
Le roi, trompé lui-même, en a versé des larmes;
Et désormais, certain du malheur de ses armes.
Par un rebelle fils de toutes parts pressé.
Sans espoir de secours, tout près d'être forcé,
Et voyant, pour surcroît de douleur et de haine,
Parmi ses étendards porter l'aigle romaine.
Il n'a plus aspiré qu'à s'ouvrir des chemins,
Pour éviter l'affront de tomber dans leurs mains.
D'abord il a tenté les atteintes mortelles
Des poisons que lui-môme a crus les plus fidèles;
Il les a trouvés tous sans force et sans vertu
„Vain secours," a-t-il dit, „que j'ai trop combattu!
„Contre tous les poisons soigneux de me défendre,
„J'ai perdu tout le fruit que j'en pouvais attendre:
„Essayons maintenant des secours plus certains,
„Et cherchons un trépas plus funeste aux Romains."
Il parle, et, défiant leurs nombreuses cohortes,
Du palais, à ces mots, il fait ouvrir les portes.
A l'aspect de ce front dont la noble fureur
Tant de fois dans leurs rangs répandit la terreur,
Vous les eussiez vus tous, retournant en arrière,
Laisser entre eux et nous une large carrière;
Et déjà quelques-uns couraient épouvantés
Jusque dans les vaisseaux qui les ont apportés.
Mais, le dirai-je, ô ciel! rassurés par Pharnace,
Et la honte en leurs cœurs réveillant leur audace.
Ils reprennent courage, ils attaquent le roi
Qu'un reste de soldats défendait avec moi.
Qui pourrait exprimer par quels faits incroyables,
Quels coups accompagnés de regards effroyables,
Son bras, se signalant pour la dernière fois,
1) On prétend que Mithridate avait contracté à tel point Thabitude de
consommer des substances vénéneuses que, lorsqu'il voulut s'empoisonner,
la dose du poison qu'il prit ne fit aucun effet sur lui: tant il est vrai que
Thabitude est une autre nature. — Après s'être réfugié chez les Scythes j
il se donne la mort vers l'an 63 avant J.-C.