Boekgegevens
Titel: Exercices de mémoire, de lectures et de déclamation: ou Mélanges, en prose et en vers ...
Auteur: Verenet, George C.
Uitgave: Utrecht: C. van der Post jr, 1862
Auteursrechten: Zie auteursrechten
Citeerinstructie: Bijzondere Collecties van de Universiteit van Amsterdam, UBM: IWO 678 D 63
URL: http://schoolmuseum.uba.uva.nl/bookid/LCSM_205535
Onderwerp: Taal- en letterkunde naar afzonderlijke talen: Franse letterkunde
Trefwoord: Frans, Leermiddelen (vorm), Proza (teksten), Gedichten (teksten)
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   Exercices de mémoire, de lectures et de déclamation: ou Mélanges, en prose et en vers ...
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Le temps de leur éducation était sur le point de finir, quand
un tailleur apporta à Jeannot un habit de velours à trois cou-
leurs, avec un manteau de fort bon goût; le tout était accom-
pagné d'une lettre à Monsieur de la Jeannotière.
Colin admira l'habit et ne fut point jaloux; mais Jeannot
prit un air de supériorité qui affligea Colin. Dès ce moment,
Jeannot n'étudia plus, se regarda au miroir, et méprisa ses
anciens compagnons. D
Quelque temps après, un valet de chambre arrive en poste,
et apporte une seconde lettre à Monsieur le Marquis de la Jean-
notière; c'était un ordre de Monsieur son père de faire venir
Monsieur son fils à Paris. Jeannot monta en chaise en tendant
la main à Colin, avec un sourire de protection assez noble.
Colin sentit son n^nt, et pleura. Jeannot partit dans toute
la pompe de sa gloire.
Les lecteurs qui aiment à s'instruire, doivent savoir que Mon-
sieur Jeannot le père venait d'hériter d'un vieux oncle mort
sans enfants.
Monsieur Jeannot le père fut bientôt Monsieur de la Jean-
notière, acheta un marquisat au bout de six mois, et retira de
l'école Monsieur la Marquis son fils, pour le mettre à Paris,
dans le beau monde.
Colin, toujours tendre, écrivit une lettre de compliments à
son ancien compagnon d'étude, et lui fit ces lignes pour le
féliciter. Le petit Marquis ne lui fit point de réponse. Colin
en fut malade de douleur.
Le père et la mère donnèrent d'abord un gouverneur au jeune
Marquis. Ce gouverneur, qui était un homme du bel air, et
qui ne savait rien, ne put rien apprendre à son pupille.
Je veux, dit Madame, que mon fils soit un homme d'esprit,
qu'il réussisse dans le monde.
Quand Monsieur le Marquis ira dans ses terres, les postillons
ne sauront-ils pas les chemins? II est donc inutile de lui faire
étudier la géographie. Monsieur le gouverneur prouva, par
des raisons non moins solides, l'inutilité des autres connaissances
que les jeunes garçons acquièrent avant d'entrer dans le monde.
Madame fut entièrement de l'avis du gouverneur; le petit