Boekgegevens
Titel: Exercices de mémoire, de lectures et de déclamation: ou Mélanges, en prose et en vers ...
Auteur: Verenet, George C.
Uitgave: Utrecht: C. van der Post jr, 1862
Auteursrechten: Zie auteursrechten
Citeerinstructie: Bijzondere Collecties van de Universiteit van Amsterdam, UBM: IWO 678 D 63
URL: http://schoolmuseum.uba.uva.nl/bookid/LCSM_205535
Onderwerp: Taal- en letterkunde naar afzonderlijke talen: Franse letterkunde
Trefwoord: Frans, Leermiddelen (vorm), Proza (teksten), Gedichten (teksten)
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   Exercices de mémoire, de lectures et de déclamation: ou Mélanges, en prose et en vers ...
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150.
Après avoir fait ses études à TAcadémie de Genève, il fut appelé, en
1810, à desservir, comme son père et son aïeul, l'Église réformée de
Nîmes. Il s y distingua par la variété de ses connaissances, l'agrément
de ses relations privées, et son zèle a exciter autour de lui une activité
féconde. C'était un homme de méditation et d'impulsion, toujours prêt à
verser à pleines mains les utiles pensées qu'il avait recueillies.
M. Vincent est mort le 10 juillet 1837; les catholiques s'unirent aux
protestants pour accompagner à sa dernière demeure un homme qui avait
honoré tout à la fois le protestantisme et son pays.
L'Amour de la patrie.
Et quel sentiment fut plus naturel et plus doux que Tamour
de la patrie? Elle nous a fourni les premiers rayons de lu-
mière qui aient frappé nos yeux, le premier souffle qui ait
enflé notre poitrine, le premier pain qui nous ait nourri. Elle
a vu naître nos premières affections, nos premiers plaisirs. Les
années les plus délicieuses de notre vie, celles qui laissent les
souvenirs les plus doux et les plus purs, se sont écoulées dans
son sein. Depuis longtemps nous nous sommes moulés l'un
sur l'autre. Nos habitudes, nos goûts, nos désirs ont été for-
més par elle et pour elle. Chez elle, ils sont à l'aise; partout
ailleurs, ils sont dans la gêne. C'est son climat qui a formé
notre tempérament; tout autre nous incommode et nous attriste.
Son sol nous plaît; ses sites réjouissent nos yeux. Nous en
voyons ailleurs de plus beaux; nulle part de plus chéris. Après
avoir contemplé avec extase la verdure luxuriante du Nord,
j'éprouve une douceur secrète à retrouver la teinte ptde de
l'olivier, et ces collines pelées sur lesquelles s'étend un dôme
resplendissant de lumière et d'azur. Ce sol, déjà chéri pour
lui-même, porte nos frères et nos amis. Il recèle nos souve-
nirs et nos espérances. Il retentit des accents que notre oreille
veut entendre. Un compatriote est plus qu'un homme; il est
un parent et un ami. Loin de la patrie, c'est un frère avec
lequel on s'entend au premier mot. et dont la conversation ne
lasse jamais. Pour savoir ce qu'est la patrie, il faut en être