Boekgegevens
Titel: Exercices de mémoire, de lectures et de déclamation: ou Mélanges, en prose et en vers ...
Auteur: Verenet, George C.
Uitgave: Utrecht: C. van der Post jr, 1862
Auteursrechten: Zie auteursrechten
Citeerinstructie: Bijzondere Collecties van de Universiteit van Amsterdam, UBM: IWO 678 D 63
URL: http://schoolmuseum.uba.uva.nl/bookid/LCSM_205535
Onderwerp: Taal- en letterkunde naar afzonderlijke talen: Franse letterkunde
Trefwoord: Frans, Leermiddelen (vorm), Proza (teksten), Gedichten (teksten)
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   Exercices de mémoire, de lectures et de déclamation: ou Mélanges, en prose et en vers ...
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143.
Une journée à Waterloo.
„A huit heures du matin," nous dit un ancien officier," je
partis de nouveau de Bruxelles pour y rentrer encore le soir
mcme; car il me restait une chose à faire avant de quitter dé-
finitivement cette ville: revoir Waterloo! — Il n'y a pas de
service régulier entre ces deux points, en sorte qu'il n'y a que
deux moyens de visiter le champ de bataille: il faut louer une
voiture particulière, ce qui convient fort aux gens riches, ou
retenir une place dans la diligence de Namur, ce qui convient
mieux aux petites fortunes. Je pris ce dernier parti. Il est
vrai que, pour le retour, je ne pouvais compter que sur une
place de hasard dans quelqu'une des diligences revenant le soir
à Bruxelles; et, quoiqu'il soit ordinaire d'en trouver, c'est pour-
tant une chance à courir; mais celle-là ne m'arrêta pas, j'en
avais couru bien d'autres dans le mcme lieu.
Nous étions six personnes dans la voiture, et je descendis
seul au milieu du village de Waterloo; les autres voyageurs
continuèrent leur route. Ce n'étaient pas des visiteurs, c'étaient
des Belges qui se rendaient à Charleroi et à Nivelles. Cepen-
dant, à mesure que nous avancions, et quoique nous fussions
tous des gens paisibles par état, la conversation prenait une
teinte toujours plus militaire, et bientôt on ne parla que de la
grande bataille. J'affirmerais volontiers qu'il en est ainsi chaque
jour sur cette route; et comment en serait-il autrement? Le
canon de Waterloo a retenti assez haut dans ce monde dont
il a changé la face, et ses sourds grondements semblent avoir
encore de l'écho dans l'imagination des hommes. Quel triomphe!
Quel revers! Qui pourrait traverser le théâtre de cette épou-
vantable lutte où est tombé le géant, sans y reporter sa pensée?
Je fis, pendant notre conversation, une remarque qui me
paraît tenir tellement à la nature intime de Thomme, que je
ne craindrais vraiment pas de la généraliser. C'est que, quoi-
que nous fussions de nations diverses, et sans que nous ne
vissions certainement pas sous le même point de vue les résul-