Boekgegevens
Titel: Exercices de mémoire, de lectures et de déclamation: ou Mélanges, en prose et en vers ...
Auteur: Verenet, George C.
Uitgave: Utrecht: C. van der Post jr, 1862
Auteursrechten: Zie auteursrechten
Citeerinstructie: Bijzondere Collecties van de Universiteit van Amsterdam, UBM: IWO 678 D 63
URL: http://schoolmuseum.uba.uva.nl/bookid/LCSM_205535
Onderwerp: Taal- en letterkunde naar afzonderlijke talen: Franse letterkunde
Trefwoord: Frans, Leermiddelen (vorm), Proza (teksten), Gedichten (teksten)
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   Exercices de mémoire, de lectures et de déclamation: ou Mélanges, en prose et en vers ...
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136.
les goûterais-je avec plaisir, quand mon palais n'a besoin d'être
humecté, ni rafraîchi? Dans les ardeurs de la canicule, le lourd
marron me serait-il fort agréable? Le préfcrerai-je soi;tant de
la poêle, à la groseille, à la fraise, et aux fruits désaltérants
qui me sont offerts sur la terre sans tant de soins? Couvrir
sa cheminée, au mois de janvier, de végétations forcées, de
fleurs pâles et sans odeur, c'est moins parer l'hiver que déparer
le printemps ; c'est s'ôter le plaisir d'aller dans les bois chercher
la première violette, épier le premier bourgeon, et s'écrier, dans
un saisissement de joie: mortels vous n'êtes pas abandonnés,
la nature vit encore !
Pour être bien servi, j'aurais peu de domestiques; cela a
déjà été dit, et cela est bon à répéter encore. Un bourgeois
tire plus de service de son seul valet, qu'un duc et pair de dix
messieurs qui l'entourent. J'ai pensé cent fois qu'ayant à table
mon verre à côté de moi, je bois quand il me plaît; au lieu
que si j'avais un grand couvert, il faudrait que vingt voix ré-
pétassent à hoire! avant de pouvoir étancher ma soif. Tout cc
qu'on ne fait pas soi-même se fait mal, comme qu^on i) s'y
prenne. Je n'enverrais pas chez les marchands, j'irais moi-même;
j'irais pour que mes gens ne traitassent pas avec eux avant moi,
pour choisir plus sûrement et payer moins cher; j'irais pour
faire un exercice agréable, pour voir un peu ce qui se fait hors
de chez moi: cela récrée, et quelquefois cela instruit; enfin
j'irais pour aller, c'est toujours quelque chose. L'ennui com-
mence par la vie trop sédentaire; quand on va beaucoup, on
s'ennuie peu. Ce sont de mauvais interprètes qu'un portier et
des laquais. Je ne voudrais point avoir toujours ces gens-là
entre moi et le reste du monde, ni marcher toujours avec le
fracas d'une voiture, comme si j'avais peur d'être abordé. Les
chevaux d'un homme qui se sert de ses jambes sont toujours
prêts, s'ils sont fatigués ou malades, il le sait avant tout autre,
et il n'a pas peur d'être obligé de garder la maison sous ce
prétexte, quand son cocher veut se donner du bon temps: en
1) La locution conjonctive comme que n'est plus usitée. L'auteur aurait
dû dire de quelque manière quon s^y prenne.