Boekgegevens
Titel: Exercices de mémoire, de lectures et de déclamation: ou Mélanges, en prose et en vers ...
Auteur: Verenet, George C.
Uitgave: Utrecht: C. van der Post jr, 1862
Auteursrechten: Zie auteursrechten
Citeerinstructie: Bijzondere Collecties van de Universiteit van Amsterdam, UBM: IWO 678 D 63
URL: http://schoolmuseum.uba.uva.nl/bookid/LCSM_205535
Onderwerp: Taal- en letterkunde naar afzonderlijke talen: Franse letterkunde
Trefwoord: Frans, Leermiddelen (vorm), Proza (teksten), Gedichten (teksten)
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   Exercices de mémoire, de lectures et de déclamation: ou Mélanges, en prose et en vers ...
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affectant à chacune ce qui la distingue en effet. Le pauvre
H Sancho, interdit et stupéfait à chacune de ces paroles, écoulait
ï avec une grande attention, et tournait, retournait la tête rapi-
dement de tous côtés, espérant toujours qua la fin il décou-
vrirait quelque chose de tout ce que lui montrait son maître.
Désespéré de ne rien voir: „Monsieur," lui dit-il, „je veux
être pendu, si, de tant de chevaliers, géants, chevaux, peuples,
bataillons que nomme votre seigneurie, j'en aperçois seulement
un seul. Il faut qu'il y ait encore là de Tenchantement." —
„Eh quoi!" reprit Don Quichotte, „tu n'entends pas les hen-
nissements i) des coursiers, le bruit des tambours, le son des
trompettes?" — „Je n'entends rien du tout, monsieur, si ce
n'est quelques bêlements de moutons." (En effet, les deux trou-
peaux approchaient). — „La peur te trouble les sens. Retire-
toi, si tu crains; seul je suffis pour porter la victoire dans le
parti que je vais choisir."
A ces mots, il pique Rossinante, et, la lance en arrêt, des-
cend la hauteur de toute la vitesse de son coursier. Sancho,
qui dans ce moment aperçut les troupeaux, se mit à crier de
toutes ses forces: „Revenez, seigneur Don Quichotte; eh ! reve-
nez, ce sont des moutons que vous attaquez. Il n'y a point
là de géant, ni de chevalier, ni d'écu d'asperge, ni chat; re-
venez donc____ Que va-t-il faire? malheureux que je suis!"
Notre héros, sans l'écouter, galopait toujours en criant:
„Courage, braves chevaliers qui'combattez sous les étendards
du valeureux Pentapolinl Suivez-moi tous, je vais le venger
d'Alifanfaron de la Taprobane." En disant ces paroles, il entre
au milieu du troupeau de moutons, qu'il commence à percer
de part en part avec une fureur extrême. Les bergers accou-
rent en jetant des cris; mais voyant que rien ne Tarrêtait, ils
chargent leurs frondes de pierres, et les font siffler autour de
sa téte. Notre héros n'y prenait pas garde, et continuait le
carnage, en disant toujours. „Où es-tu, superbe Alifanfaron?
ose paraître devant moi; un seul chevalier te défie," —A l'in-
stant même, une pierre un peu plus grosse que le poing, l'at-
1) On pron. ha-ni-ce mant.