Boekgegevens
Titel: Choix de lectures françaises: à l'usage des maisons d'éducation et des personnes qui aiment la prose et la poésie: littérature de l'adolescence et de l'âge mûr
Auteur: Verenet, George C.
Uitgave: Utrecht: J.-G. Broese, 1868
2e ed
Auteursrechten: Zie auteursrechten
Citeerinstructie: Bijzondere Collecties van de Universiteit van Amsterdam, UBM: Obr. 8885
URL: http://schoolmuseum.uba.uva.nl/bookid/LCSM_202173
Onderwerp: Taal- en letterkunde naar afzonderlijke talen: Franse letterkunde
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   Choix de lectures françaises: à l'usage des maisons d'éducation et des personnes qui aiment la prose et la poésie: littérature de l'adolescence et de l'âge mûr
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encore vivants qui pourraient vous dire avec quel zèle on m'a vu
souveiit combattre de petits chagrins qui naissent quelquefois dans
l'esprit des gens que le roi a le plus comblés de ses grâces. Eh
quoi! Madame, avec quelle confiance pourrai-je déposer à la pos-
térité que ce grand prince n'admettait point de faux rapports contre
les personnes qui lui étaient le plus inconnues, s'il faut que je
fasse moi-même une si trist3 expérience du contraire?
Je vous assure, Madame, que l'état où je me trouve est très-
digne de la compassion que je vous ai toujours vue pour les mal-
heureux. Je suis privé de l'honneur de vous voir, je n'ose presque
plus compter sur votre protection , qui est pourtant la seule que j'aie
tâché de mériter. Je chercherai du moins ma consolation dans mon
travail ; mais jugez quelle amertume doit jeter sur ce travail la
pensée que de ce même grand prince, dont je suis continuellement
occupé, me regarde peut-être comme un homme plus digne de sa
colère que de ses bontés."
MADAME DE MAINTENON A SA NlÉCE.
»Je vous aime trop, ma chère nièce, pour ne pas vous dire vos
vérités, je les dis bien aux demoiselles de Saint-Cyr, et comment
vous négligerais-je, vous que je regarde comme ma propre fille?
Je ne sais si c'est vous qui leur inspirez la fierté qu'elles ont, ou
si ce sont elles qui vous donnent celle qu'on admire en vous. Quoi
qu'il en soit, vous serez insupportable si vous ne devenez humble.
Le ton d'autorité que vous prenez ne convient point.
Vous croyez-vous un personnage important, parce que vous êtes
nourrie dans une maison où le roi va tous les jours? Le lendemain
de sa mort, ni son successeur, ni tout ce qui vous caresse, ne
vous regardera, ni vous, ni Saint-Cyr. Si le roi meurt avant que
vous soyez mariée, vous épouserez un gentilhomme de province
avec peu de bien et beaucoup d'orgueil. Si pendant ma vie, vous
épousez un seigneur, il ne vous estimera, quand je ne serai plus,
qu'autant que vous lui plairez; or, vous ne lui plairez que par la
douceur, et vous n'en avez point. Je ne suis pas prévenue contre
VOUS; mais je vois en vous un orgueil etfroyable. Vous savez
l'Evangile par cœur; et qu'importe? si vous ne vous conduisez
point par ses maximes.
Songez que c'est uniquement la fortune de votre tante qui a fait