Boekgegevens
Titel: Choix de lectures françaises: à l'usage des maisons d'éducation et des personnes qui aiment la prose et la poésie: littérature de l'adolescence et de l'âge mûr
Auteur: Verenet, George C.
Uitgave: Utrecht: J.-G. Broese, 1868
2e ed
Auteursrechten: Zie auteursrechten
Citeerinstructie: Bijzondere Collecties van de Universiteit van Amsterdam, UBM: Obr. 8885
URL: http://schoolmuseum.uba.uva.nl/bookid/LCSM_202173
Onderwerp: Taal- en letterkunde naar afzonderlijke talen: Franse letterkunde
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   Choix de lectures françaises: à l'usage des maisons d'éducation et des personnes qui aiment la prose et la poésie: littérature de l'adolescence et de l'âge mûr
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jugez bien que je ne cherche pas à vous chagriner, et que je n'aï
d'autre dessein que de contribuer à vous rendre l'esprit solide, et à
vous mettre en état de ne me point faire de déshonneur quand vous
viendrez à paraître dans le monde. Je vous assure qu'après mon
salut, c'est la chose dont je suis le plus occupé. Ne regardez point
tout ce que je vous dis comme une réprimande, mais comme les
avis d'un père qui vous aime tendrement, et qui ne songe qu'à vous
donner des marques de son amitié."
RACINE A Mme DE MAINTENON,
Marly, le 4 Mars 1698.
Madame,
»J'avais pris le parti de vous écrire au sujet de la taxe, quia
si fort dérangé mes petites affaires; mais n'étant pas content de ma
lettre, j'avais simplement dressé un mémoire, dans le dessein de le
présenter à Sa Majesté.... Voilà, Madame, tout naturellement
comment je me suis conduit dans cette affaire; mais j'apprends que
j'en ai une autro bien plus considérable sur les bras .... Je vous
avoue que, lorsque je faisais tant chanter dans Esther, Rois, chassez
la calomnie, je ne m'attendais guère que je serais moi-même un
jour attaqué par la calomnie. On veut me faire passer pour un
homme de cabale et rebelle à l'Église.
Ayez la bonté de vous souvenir. Madame, combien de fois vous
ayez dit que la meilleure qualité que vous trouviez en moi, c'était
une soumission d'enfant pour tout ce que l'Église croit et ordonne,
même dans les plus petites choses. J'ai fait, par votre ordre, près
de trois mille vers sur des sujets de piété; j'y ai parlé, assurément,
de toute l'abondance de mon cœur, et j'y ai mis tous les sentiments
dont j'étais le plus rempli; vous est-il jamais revenu qu'on y eût
trouvé un seul endroit qui approchât de Terreur?
Pour la cabale, qui est-ce qui n'en peut être accusé, sî l'on en
accuse un homme aussi dévoué au roi que je le suis; un homme
qui passe sa vie à penser au roi, à s'infornper des grandes actions
du roi, et à inspirer aux autres les sentiments d'amour et d'admi-
ration qu'il a pour le roi? J'ose dire que les grands seigneurs m'ont
bien plus recherché que je ne les recherchais moi-même. Mais, dans-
quelque compagnie que je me sois trouvé, dieu m'a fait la grâce
de ne rougir jamais ni du roi, ni de l'Évangile. Il y a des témoins