Boekgegevens
Titel: Choix de lectures françaises: à l'usage des maisons d'éducation et des personnes qui aiment la prose et la poésie: littérature de l'adolescence et de l'âge mûr
Auteur: Verenet, George C.
Uitgave: Utrecht: J.-G. Broese, 1868
2e ed
Auteursrechten: Zie auteursrechten
Citeerinstructie: Bijzondere Collecties van de Universiteit van Amsterdam, UBM: Obr. 8885
URL: http://schoolmuseum.uba.uva.nl/bookid/LCSM_202173
Onderwerp: Taal- en letterkunde naar afzonderlijke talen: Franse letterkunde
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   Choix de lectures françaises: à l'usage des maisons d'éducation et des personnes qui aiment la prose et la poésie: littérature de l'adolescence et de l'âge mûr
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tous les chapitres. Je suis déjà dévorée de curiosité; je nVspère
de la consolation que de vos lettres, qui me feront encore bien soupirer.
En un mot, ma fille, je ne vis que pour vous. Jamais départ n'a
été si triste que le nôtre; nous ne disions pas un mot. Adieu,
ma chère enfant; plaignez-moi de vous avoir quittée. Hélas! nous
voilà dans les lettres."
Mme DE SEVIGNE A m, DE GRIfiNAN, (1675.)
nC'est à vous que je m'adresse, mon cher comte, pour vous
écrire une des plus fâcheuses pertes qui pût arriver en France; c'est
celle de M. de Turenne, dont je suis assurée que vous serez aussi
touché et aussi désolé que nous le sommes ici. Cette nouvelle
arriva lundi à Versailles. Le roi en a été affligé, comme on doit
l'être de la mort du plus grand capitaine et du plus honnête homme
dn monde. Toute la cour fut en larmes.
On était près d'aller se divertir à Fontainebleau; tout a été
rompu. Jamais un homme n'a été regretté si sincèrement: tout le
quartier où il a logé et tout Paris et tout le peuple élaient dans
le trouble et dans l'émotion; chacun parlait et s'attroupait pour
regretter ce *héros ....
Il avait le plaisir de voir décamper l'armée ennemie devant lui;
et le 27, qui était un samedi, il alla sur une petite *hauleur pour
observer sa marche. Son dessein était de donner sur Tarrière-garde, et
il mandait au roi à midi que, dans cette pensée, il avait envoyé dire
à Brissac qu'on fît les prières de quarante heures. Il mande la
mort du jeune d'Hocquincourt, et qu'il enverra un courier pour
apprendre au roi la suite de cette entreprise. Il cachète sa lettre
et l'envoie à deux heures. Il va sur cette petite colline avec *huit
ou dix personnes. On tire de loin à l'aventure: un malheureux coup
de canon le coupe par le milieu du corps; et vous pouvez penser
les cris et les pleurs de cette armée. Le courier part à l'instant.
II arriva lundi comme je vous lai dit; de sorte qu'à une heure
Tune de l'autre le roi eut une lettre de M. de Turenne et la nou-
velle de sa mort.... Jamais homme n'a été si près d'être parfait;
et plus on le connaissait, plus on l'aimait, et plus on le regrette.
Adieu, Monsieur et Madame; je vous embrasse mille fois."