Boekgegevens
Titel: Choix de lectures françaises: à l'usage des maisons d'éducation et des personnes qui aiment la prose et la poésie: littérature de l'adolescence et de l'âge mûr
Auteur: Verenet, George C.
Uitgave: Utrecht: J.-G. Broese, 1868
2e ed
Auteursrechten: Zie auteursrechten
Citeerinstructie: Bijzondere Collecties van de Universiteit van Amsterdam, UBM: Obr. 8885
URL: http://schoolmuseum.uba.uva.nl/bookid/LCSM_202173
Onderwerp: Taal- en letterkunde naar afzonderlijke talen: Franse letterkunde
Bekijk als:      
Scan: Afbeeldinggrootte:
   Choix de lectures françaises: à l'usage des maisons d'éducation et des personnes qui aiment la prose et la poésie: littérature de l'adolescence et de l'âge mûr
Vorige scan Volgende scanScanned page
^mmmmmmmmmmmmÊmmmBmmmmÊÊmmm
77
la religion console de tout et nous réconcilie avec les autres et
.avec nons-mômes.
Une jeune personne, qui entre dans le monde, a une ^liauto idé«
du bonheur qu'il lui promet; elle cherche à la réaliser, c'est la
source de ses inquiétudes. Les plaisirs du monde sont trompeurs,
ils promettent plus qu'ils ne donnent. Pour iixer vos désirs, pensez
que vous ne trouverez point *hors de vous de bonheur durable.
Ne regardez pas la vertu des femmes comme une vertu ordoimée
par l'usage. Vous avez deux tribunaux devant lesquels vous devez
passer, la conscience et le monde: vous pouvez échapper au monde ,
mais vous n'échapperez pas à votre conscience.
Les vertus des femmes sont difliciles, parce que la gloire n'aide
pas à les pratiquer. Que votre première parure soit la modestie;
elle augmente la beauté et sert de voile à la laideur. Il ne faut
pi^s négliger les talents, mais il faut bien f>!ns chercher à se doaticr
un mérite solide qu'à s'occuper de choses Irivoles. Rien n'est plus
court que le règne de la beauté; rien n'est plus triste que le reste
de la vie des femmes qui n'ont su qu'être belles. Les grâces sans
mérite no plaisent pas longtemps. Quand vous ne vivez que pour
les plaisirs du monde, et qu'ils vous quittent, l'àme tombe dans
un grand vide.
Pendant que vous êtes jeune, formaz votre réputation, aug-
mentez votre crédit; dans un autre âge vous auriez plus de peine.
•Charles-Quint disait que la fortune aimait les jeunes gens. Dans
la jeunesse tout s'olfre à vous; dans un âge plus avancé vous
n'êtes plus secouru. »Vous allez," disait Montaigne aux jeunes
gens, «vers la réputation, et moi, j'en reviens."
Songez à vous rendre heureuse dans votre état, mettez tout à
protit: mille biens nous échappent faute d'attention. Si l'on savait
se renfermer dans son état, on ne serait ni ambitieux, ni en-
vieux, tout serait en paix, mais nous ne vivons point assez dans
le présent; nos désirs et nos espérances nous portent sans cesse
l'avenir.
La plus grande science est de savoir être à soi. Il faut se
ménager des ressources contre les chagrins de la vie. Assurez-vous
vous-même une retraite où vous puissiez toujours vous retrouver,
le monde aura moins de prise sur vous, Ayez quelques moments
dans la journée pour lire et réfléchir. Il faut peu de chose pour
les besoins de la vie; mais il en faut beaucoup pour satisfaire
aux b'îsoins de l'opinion.