Boekgegevens
Titel: Choix de lectures françaises: à l'usage des maisons d'éducation et des personnes qui aiment la prose et la poésie: littérature de l'adolescence et de l'âge mûr
Auteur: Verenet, George C.
Uitgave: Utrecht: J.-G. Broese, 1868
2e ed
Auteursrechten: Zie auteursrechten
Citeerinstructie: Bijzondere Collecties van de Universiteit van Amsterdam, UBM: Obr. 8885
URL: http://schoolmuseum.uba.uva.nl/bookid/LCSM_202173
Onderwerp: Taal- en letterkunde naar afzonderlijke talen: Franse letterkunde
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   Choix de lectures françaises: à l'usage des maisons d'éducation et des personnes qui aiment la prose et la poésie: littérature de l'adolescence et de l'âge mûr
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le bruit où tout le monde trouve le silence, et sous les vêtements
de son ami, lorsqu'il Tembrasse, il croit sentir un poignard caché.
0 conscience! ne serais-tu qu'un lantome de l'imagination, ou
la peur des châtiments des hommes? Je m'interroge; je me fais
cette question: //Si tu pouvais, par un seul désir, tuer un homme
à la Chine, et hériter de sa fortune en Europe, avec la conviction
surnaturelle qu'on n'en saurait jamais rien , consentirais-tu à former
ce désir?" J'ai beau m'exagérer mon indigence; j'ai beau vouloir
atténuer cet homicide, en supposant que, par mon souhait, le
Chinois meure tout à coup sans douleur, qu'il n'a point d'héritier,
que même à sa mort ses biens seront perdus pour l'État ; j'ai beau
me figurer cet étranger comme accablé de maladies et de chagrins;
j'ai beau me dire que sa mort est un bien pour lui, qu'il l'appelle
lui-même, qu'il n'a plus qu'un instant à vivre; malgré mes vains
subterfuges, j'entends au fond de mon cœur une voix qui crie si
fortement à la seule pensée d'une telle supposition, que je ne puis
douter un instant de la réalité de la conscience.
Après avoir parlé du remords qui suit le crime, il serait inu-
tile de parler de la satisfaction qui accompagne la vertu. Le con-
tentement intérieur qu'on éprouve en faisant une bonne œuvre, n'est
pas plus une combinaison de la matière, que le reproche de la
conscience, lorsqu'on commet une méchante action, n'est la crainte
des lois. Chateaubriand, Génie du Christianisme.
DÉVOUEMENT INSPIRÉ PAR LA RELIGION.
Dieu des Chrétiens, quelles choses n'as-tu pas faites! Parlout
où l'on tourne les yeux, on ne voit que les monuments de tes
bienfaits. Dans les quatre parties du monde, la religion a distri-
bué ses milices et placé ses vedettes pour I humanité. Le moine
maronite appelle, par le claquement de deux planches suspendues
à la cime d'un arbre, l'étranger que la nuit a surpris dans les
précipices du Liban ; ce pauvre et ignorant artiste n'a pas de plus
riche moyen de se faire entendre. Le moine abyssinien vous attend
dans ce bois au milieu des tigres; le missionnaire américain veille
à votre conservation dans ses immenses forêts. Jeté par un nau-
frage sur des côtes inconnues, tout à coup vous apercevez une
croix sur un rocher. Malheur à vous, si ce signe de salut ne
fait pas couler vos larmes! Vous êtes en pays d'amis; ici sont
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