Boekgegevens
Titel: Choix de lectures françaises: à l'usage des maisons d'éducation et des personnes qui aiment la prose et la poésie: littérature de l'adolescence et de l'âge mûr
Auteur: Verenet, George C.
Uitgave: Utrecht: J.-G. Broese, 1868
2e ed
Auteursrechten: Zie auteursrechten
Citeerinstructie: Bijzondere Collecties van de Universiteit van Amsterdam, UBM: Obr. 8885
URL: http://schoolmuseum.uba.uva.nl/bookid/LCSM_202173
Onderwerp: Taal- en letterkunde naar afzonderlijke talen: Franse letterkunde
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   Choix de lectures françaises: à l'usage des maisons d'éducation et des personnes qui aiment la prose et la poésie: littérature de l'adolescence et de l'âge mûr
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ignorants que les plus *iiauts mystères ont d'abord été annoncés;
c'est surtout aux simples et aux petits que la vérité s'est montrée
sans voile. »Je vous remercie, mon Père, de ce que vous avez
caché ces mystères aux grands et aux sages du siècle ; et que vous
les avez révélés aux simples et aux petits." Oh! qu'il est consolant
pour la multitude de savoir que, pour trouver le bonheur, il ne
faut ni puissance, ni richesse, ni science; qu'il suffit de croire au
Maître el à sa parole, d'espérer et d'aimer! Que deviendraient la
plupart des hommes, tous ceux qui paient leur pain de chaque jour
par la sueur de leur front, qui chaque jour disputent leur existence
précaire au besoin, à la misère. Quel remède offrez-vous à leurs
maux, quel soulagement à leur misère! Pouvez-vous leur dire:
»Venez à nous, vous tous qui gémissez, qui êtes fatigués et souf-
frants , el nous vous soulagerons?..." Non , sans doute. Eh bien,
ceux que vous abandonnez, ceux que vous repoussez, ont trouvé
un consolateur et un protecteur, un Sauveur et un Père. C'est
l'Évangile qui le leur a fait connaître, el c'est sa morale pratiquée-
avec foi qui leur fraie le chemin pour arriver jusqu'à Lui.
L. Beautin.
LÂ CONSCIENCE.
Chaque homme a au milieu du cœur un tribunal où il commence
par se juger lui-même, en attendant que l'Arbitre souverain confir-
me la sentence. Si le vice n'est qu'une conséquence physique
de notre organisation, d'où vient cette frayeur qui trouble les jours
d'une prospérité coupable? Pourquoi le remords est-il si terrible,
qu'on préfère se soumettre à la pauvreté et à toute la rigueur de
la vertu, plutôt que d'acquérir des biens illégitimes? Pourquoi y
a-l-il une voix dans le sang, une parole dans la pierre? Le tigre
déchire sa proie et dort; l'homme devient homicide et veille. Il
cherche les lieux déserts, et cependant la solitude l'eflraie; il se
traîne autour des tombeaux, el cependant il a peur des tombeaux.
Son regard est mobile et inquiet, il n'ose regarder le mur de la
salle du festin, dans la crainte d'y lire des caractères funestes. Ses
sens semblent devenir meilleurs pour le tourmenter; il voit, au mi-
lieu de la nuit, des lueurs menaçantes; il est toujours environné
de l'odeur du carnage, il découvre le goût du poison dans les mets
qu'il a lui-même apprêtés; son oreille, d'une étrange subtilité, trouve