Boekgegevens
Titel: Choix de lectures françaises: à l'usage des maisons d'éducation et des personnes qui aiment la prose et la poésie: littérature de l'adolescence et de l'âge mûr
Auteur: Verenet, George C.
Uitgave: Utrecht: J.-G. Broese, 1868
2e ed
Auteursrechten: Zie auteursrechten
Citeerinstructie: Bijzondere Collecties van de Universiteit van Amsterdam, UBM: Obr. 8885
URL: http://schoolmuseum.uba.uva.nl/bookid/LCSM_202173
Onderwerp: Taal- en letterkunde naar afzonderlijke talen: Franse letterkunde
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   Choix de lectures françaises: à l'usage des maisons d'éducation et des personnes qui aiment la prose et la poésie: littérature de l'adolescence et de l'âge mûr
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bien rembourré, entouré de coussins, casematé derrière une double
^baie de paravents, il se täte le pouls, en compte les pulsations,
et tient un journal de sa santé.
Il mange et boit à heure fixe, pesant sa nourriture, mesurant
ses liquides, et mettant autant que possible la même quantité de
grains de sel dans son bouillon que dans son œuf à la coque.
On conçoit facilement que le douillet s'aime trop pour avoir le
temps de s'attacher à qui que ce soit: son cœur déborde d'atten-
tions qui n'ont que lui pour objet; il est plein d'égards pour lui-
même, mais il craindrait d'affaiblir l'intérêt qu'il se porte en le
divisant; aussi rien n'interrompt le cuite hygiénique qu'il se rend.
Il ne s'informe que de la santé de ceux auxquels il croit le même
tempérament que le sien; et, s'il tremble pour eux, c'est par
crainte pour lui.
S'il est *hors de sa maison , un nuage noir le met en fuite,
un courant d'air l'épouvante; il est constamment inquiet sur les
portes et les fenêtres qui l'entourent, et il conçoit mieux que
personne l'impôt qu'on fit longtemps peser sur ces ouvertures dan-
gereuses, qu'il considère comme des meurtrières d'où les vents
coulis tirent sur les faibles tempéraments.
Le douillet est d'un commerce agréable, car i! entre dans son
régime de ne pas s'échauffer en discutant; il est même de. l'avis
de tout le monde, après ses repas, afin de ne pas compromettre
le calme de sa digestion, et il sacrifie ses opinions politiques au
bien-être de son estomac. Il n'est point ambitieux, point intrigant,
car il sait combien de rôle de solliciteur peut porter de trouble
dans l'économie animale, et combien l'envie aigrit le sang.
Petit-Senn.
L'ESPERANCE.
H est dans le ciel une puissance divine, compagne assidue de
la religion et de la vertu; elle nous aide à supporter la vie, s'em-
barque avec nous pour nous montrer le port dans les tempêtes,
également douce et secourable aux voyageurs célèbres et aux passa-
gers inconnus. Quoique ses yeux soient couverts d'un bandeau, ses
regards pénètrent l'avenir; quelquefois elle tient des fleurs naissantes
dans sa main, quelquefois une coupe pleine d'une liqueur enchan-