Boekgegevens
Titel: Choix de lectures françaises: à l'usage des maisons d'éducation et des personnes qui aiment la prose et la poésie: littérature de l'adolescence et de l'âge mûr
Auteur: Verenet, George C.
Uitgave: Utrecht: J.-G. Broese, 1868
2e ed
Auteursrechten: Zie auteursrechten
Citeerinstructie: Bijzondere Collecties van de Universiteit van Amsterdam, UBM: Obr. 8885
URL: http://schoolmuseum.uba.uva.nl/bookid/LCSM_202173
Onderwerp: Taal- en letterkunde naar afzonderlijke talen: Franse letterkunde
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   Choix de lectures françaises: à l'usage des maisons d'éducation et des personnes qui aiment la prose et la poésie: littérature de l'adolescence et de l'âge mûr
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peuples. Chez les Arabes, elle porte TempreiiUe de leur simplicité
et de leur indépendance ; celle des Turcs a quelque chose de con-
traint et d'austère comme eux; ils laissent trop souvent apercevoir
l'embarras qu'ils éprouvent, en admettant des étrangers dont ils
redoutent l'indiscrétion : on voit qu'en vous recevant, c'est un devoir
qu'ils remplissent; chez les Grecs, au contraire, c'est réellement
une fête qu'ils célèbrent; et l'on est frappé de ce contraste, surtout
dans ies îles où ils ont conservé plus fidèlement leurs usages, où
ils ne sont pas alarmés par la présence de leurs tyrans, et par la
nécessité de cacher leur aisance à la rapacité qui les épie.
A la vue d'un bateau entrant dans le port de Naxos, de Chios,
de Myconi, etc., les chefs de la petite nation viennent s'informer
quel est l'étranger que la curiosité amène sur leurs bords; et celui
qui s'est assuré le premier le bonheur de l'attirer chez lui, s'efforce
de justifier cette distinction dont il s'honore. Sa famille, qu'il
s'est hâté de faire avertir, est déjà prête à recevoir le voyageur:
on s'empresse de lui apporter du café, des fruits ou des conserves
de rose; la fille de la maison, parée de toutes les grâces de son
age, les lui présente, et s'étonne de l'embarras qu'il témoigne en
se voyant servi par elle. Après un premier moment de repos, on
lui propose de prendre un bain, ou de dormir quelques heures;
ce temps est employé à préparer une agréable soirée. Les voisins
sont invités au repas et à un bal, où les jeunes et belles insu-
laires exécutent des danses dont l'origine remonte aux premiers
siècles de la Grèce; elles se font un amusement des questions que
^hasarde l'étranger, de l'ignorance où il est de leurs usages; elles
se plaisent à les lui expliquer; et, cependant, le maître de la
maison s'occupe des moyens de lui faire parcourir le lendemain
l'intérieur de l'île, de lui montrer les sites les plus intéressants
ou quelques débris d'antiques édifices; il raconte les vieilles tradi-
tions du pays; et, soit qu'il partage les idées populaires, soit
qu'il étonne en montrant une instruction qu'on ne lui supposait
pas, il intéresse toujours par la vivacité de son imagination et la
facilité de son langage. On essaie de retenir le voyageur; il éprouve
lui-même le désir de rester; et lorsque, après quelques jours de
repos et de distraction, il se décide enfin au départ, ce n'est
jamais sans regret, sans souffrir de l'idée qu'il ne verra probable-
ment plus ceux dont il vient d'éprouver une réception si aimable
et si désintéressée. Quelle satisfaction pour lui si, quelques années
après, des circonstances imprévues le ramenaient dans ce pays.