Boekgegevens
Titel: Choix de lectures françaises: à l'usage des maisons d'éducation et des personnes qui aiment la prose et la poésie: littérature de l'adolescence et de l'âge mûr
Auteur: Verenet, George C.
Uitgave: Utrecht: J.-G. Broese, 1868
2e ed
Auteursrechten: Zie auteursrechten
Citeerinstructie: Bijzondere Collecties van de Universiteit van Amsterdam, UBM: Obr. 8885
URL: http://schoolmuseum.uba.uva.nl/bookid/LCSM_202173
Onderwerp: Taal- en letterkunde naar afzonderlijke talen: Franse letterkunde
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   Choix de lectures françaises: à l'usage des maisons d'éducation et des personnes qui aiment la prose et la poésie: littérature de l'adolescence et de l'âge mûr
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cœur avoue, et développer devant elle les intentions qui l'ont
toujours animé! Déjà le silence même qui m'environne m'avertit
que le jour de la justice a succédé aux jours de colère et de
prévention; que cet acte solennel n'est point une vaine forme;
que le temple de la liberté est aussi celui de l'impartialité que la
loi commande; et que l'homme, quel qu'il soit, qui se trouve
réduit à la condition humiliante d'accusé, est toujours sûr d'appeler
sur lui l'attention et l'intérêt de ceux-mêmes qui le poursuivent.
Je voudrais pouvoir être entendu dans ce moment de la France
entière; je voudrais que cette enceinte pût s'agrandir tout à coup
pour la recevoir: je parle à la nation elle-même; mais il est permis
sans doute à Louis de regretter qu'une multitude immense de ci-
toyens aient reçu l'impression des inculpations dont il est l'objet,
et qu'ils ne soient pas aujourd'hui à portée d'apprécier les réponses
qui les détruisent. Ce qui lui importe le plus, c'est de prouver
qu'il n'est point coupable: c'est là son seul vœu, sa seule pensée.
Louis sait bien que l'Europe attend avec inquiétude ie jugement
que vous allez rendre, mais il ne s'occupe que de la France. 11
sait bien que la postérité recueillera un jour toutes les pièces de
cette grande discussion, qui s'est élevée entre une nation et un
homme; mais Louis ne songe qu'à ses contemporains; il n'aspire
qu'à les détromper. Nous n'aspirons non plus nous-même qu'à le
défendre; nous ne voulons que le justifier. Nous oublions la pos-
térité dont l'opinion déjà se prépare; nous ne voulons voir que le
monde actuel, nous ne sommes occupé que du sort de Louis; et
nous croirons avoir rempli toute notre tâche, quand nous aurons
démontré qu'il est innocent. Desèze.
MORT DE LOUIS XVI.
Les approches de la dernière heure ne troublèrent point l'admi-
rable tranquillité du roi. A peine fut-il couché, qu'un sommeil
profond s'empara de ses sens, et il dormit jusqu'à cinq heures sans
s'éveiller. Alors il se leva, se fit habiller et coiffer, conversant avec
sa bonté ordinaire, et même avec plus de gaîté que d'inquiétude.
La présence de Santerre, qui vint à huit heures et demie pour
le conduire au supplice, ne l'effraya point ; il fut, au contraire ,
le premier à lui dire d'une voix calme: »Marchons!" Puis, s'adres-