Boekgegevens
Titel: Choix de lectures françaises: à l'usage des maisons d'éducation et des personnes qui aiment la prose et la poésie: littérature de l'adolescence et de l'âge mûr
Auteur: Verenet, George C.
Uitgave: Utrecht: J.-G. Broese, 1868
2e ed
Auteursrechten: Zie auteursrechten
Citeerinstructie: Bijzondere Collecties van de Universiteit van Amsterdam, UBM: Obr. 8885
URL: http://schoolmuseum.uba.uva.nl/bookid/LCSM_202173
Onderwerp: Taal- en letterkunde naar afzonderlijke talen: Franse letterkunde
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   Choix de lectures françaises: à l'usage des maisons d'éducation et des personnes qui aiment la prose et la poésie: littérature de l'adolescence et de l'âge mûr
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distinctement de quitter la garde de ses brebis pour aller secourir
le roi Cliarles. Une autre l'ois enfin, comme elle filait le cbanvre
pour quelques pauvres malades, toujours sous l'arbre des fées, elle
entendit encore la même voix, et levant la tête, elle aperçut
vaguement, à travers le feuillage sombre, quelque chose de très-
blanc, une forme éthérée; puis, deux grandes ailes écartèrent les
rameaux, et la pauvre enfant pensa mourir, car c'était l'archange
saint-Michel avec tous les rayons de sa gloire. L'archange la rassura
d'un mot, et elle osa le contempler à genoux, et elle le vit de ses
propres yeux, et non de ceux de l'imagination, mais de
corporels, comme elle l'a confirmé depuis. Et la voix lui dit que
dieu l'avait choisie pour faire lever le siège d'Orléans et faire
sacrer le dauphin à Rheims. Elle répondit à l'archange, qu'elle
n'était qu'une pauvre fille qui ne savait ni monter à cheval, ni
conduire une armée. — »Va," répliqua l'archange, »te présenter
devant Robert de Beaudricourt, capitaine de Vaucouleurs, et dieu
fera le reste.'" Et il faisait brilltr à ses yeux un glaive flamboyant,,
et quand il se fut envolé, la bergère chercha sa quenouille, et ne
la trouva plus, et elle se releva guerrière et prophétesse.
Dès lors elle fit voeu de vouer sa jeunesse à dieu seul. Les
apparitions et les messagers célestes se renouvelaient très-souvent
et en différents endroits. C'étaient surtout sainte-Catherine et sainte-
Marguerite qui venaient la visiter; elles se nommaient et la sa-
luant, la pressaient toujours de partir pour sauver la France, lui
disant que, d'après l'ordre de dieu, elles la guideraient et l'assis-
teraient dans ses voyages et ses périls. C'est alors que ne pouvant
plus durer où elle était, Jeanne, remplie de l'esprit du seigneur,
s'échappa une nuit, sans embrasser son père ni sa mère (comme
aurait fait une autre pour quelque mauvaise action), et qu'elle
alla trouver à Vaucouleurs Robert de Beaudricourt: »Je viens,"
lui dit-elle, »pour que vous me donniez quelques hommes d'armes
qui puissent m'escorter, et j'ai dieu qui fraiera notre chemin
jusqu'à Mgr. le dauphin, que je ferai sacrer à Rheims; car c'est
pour cela que je suis née, quoique j'aimasse bien mieux rester à
filer auprès de ma pauvre mère... mais il faut que j'aille et que
je le fasse, parce que dieu le veut.
Elle retourna trois fois chez le gouverneur qui la traitait de
menteresse ou d'insensée; mais enfin il lui revint tant de choses
extraordinaires sur cette jeune fille, qu'il consentit à lui donner
une bonne escorte pour l'envoyer à Chinon, ou était Charles VIL