Boekgegevens
Titel: Choix de lectures françaises: à l'usage des maisons d'éducation et des personnes qui aiment la prose et la poésie: littérature de l'adolescence et de l'âge mûr
Auteur: Verenet, George C.
Uitgave: Utrecht: J.-G. Broese, 1868
2e ed
Auteursrechten: Zie auteursrechten
Citeerinstructie: Bijzondere Collecties van de Universiteit van Amsterdam, UBM: Obr. 8885
URL: http://schoolmuseum.uba.uva.nl/bookid/LCSM_202173
Onderwerp: Taal- en letterkunde naar afzonderlijke talen: Franse letterkunde
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   Choix de lectures françaises: à l'usage des maisons d'éducation et des personnes qui aiment la prose et la poésie: littérature de l'adolescence et de l'âge mûr
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Le dévouement de Léonidas et de ses compagnons produisit plus
^'effet que la victoire la plus brillante; il apprit aux Grecs le
secret de leur force, aux Perses celui de leur faiblesse
J.-J. Barthélémy.
PRISE DE JERUSALEM PAR LES CROISÉS.
L'histoire a remarqué que les chrétiens étaient entrés dans Jéru-
salem un vendredi, à trois heures du soir; c'était le jour et l'heure
où jésus-christ expira pour le salut des hommes. Cette époque
mémorable aurait du rappeler leurs cœurs à des sentiments de misé-
ricorde ; mais, irrités par les menaces et les longues insultes des
Sarrasins, aigris par les maux qu'ils avaient soufferts pendant le
siège, et par la résistance qu'ils avaient soufferts pendant le
siège, et par la résistance qu'ils avaient trouvée jusque dans la
ville, ils remplirent de sang et de dueil cette Jérusalem qu'ils
venaient délivrer, et qu'ils regardaient comme leur future patrie.
Bientôt le carnage devint général; ceux qui échappaient au feu des
soldats de Godefroy et de Tancrède, couraient au-devant des Pro-
vençaux également altérés de leur sang. Les Sarrasins étaient
massacrés dans les rues, dans les maisons; Jérusalem n'avait point
d'asile pour les vaincus: quelques-uns purent échapper à la mort
en se précipitant des remparts; les autres couraient en foule se
réfugier dans les palais, dans les tours, et surtout dans les mos-
quées, où ils ne purent se dérober à la poursuite des chrétiens.
Les croisés, maîtres de la mosquée d'Omar, où les Sarrasins
s'étaient défendus quelque temps, y renouvelèrent les scènes déplo-
rables qui souillèrent la conquêto de Titus.
L'imagination se détourne avec effroi de ces scènes de désolation,
et peut à peine, au milieu du carnage, contempler l'image touchante
des chrétiens de Jérusalem, dont les croisés venaient de briser les
fers. A peine la ville venait-elle d'être conquise, qu'on les vit
accourir au-devant des vainqueurs; ils partageaient avec eux les
vivres qu'ils avaient pu dérober aux Sarrasins; tous remerciaient
ensemble le dieu qui avait fait triompher les armes des soldats
de la croix. L'ermite Pierre, qui, cinq ans auparavant, avait pro-
mis d'armer l'Occident pour la délivrance des fidèles de Jérusalem,
dut jouir alors du spectacle de leur reconnaissance et de leur joie.
Les chrétiens de la ville sainte, au milieu de la foule des croisés,
semblaient ne chercher, ne voir que le cénobite pieux qui les avait