Boekgegevens
Titel: Choix de lectures françaises: à l'usage des maisons d'éducation et des personnes qui aiment la prose et la poésie: littérature de l'adolescence et de l'âge mûr
Auteur: Verenet, George C.
Uitgave: Utrecht: J.-G. Broese, 1868
2e ed
Auteursrechten: Zie auteursrechten
Citeerinstructie: Bijzondere Collecties van de Universiteit van Amsterdam, UBM: Obr. 8885
URL: http://schoolmuseum.uba.uva.nl/bookid/LCSM_202173
Onderwerp: Taal- en letterkunde naar afzonderlijke talen: Franse letterkunde
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   Choix de lectures françaises: à l'usage des maisons d'éducation et des personnes qui aiment la prose et la poésie: littérature de l'adolescence et de l'âge mûr
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On a dit que Lycurgue avait donné aux Spartiates des mœurs
conformes à ses lois, et que Solon avait donné aux Athéniens des
lois conformes à leurs mœurs. L'entreprise du premier demandait
plus de courage, et celle du second plus d'art. Peut-être la dif-
férence de leur caractère eut-elle beaucoup de part à la différence
des plans qu'ils se sont faits. Lycurgue était dur et austère ; So-
lon était doux et même voluptueux; quoi qu'il en soit, tous deux
réussirent. Lycurgue voulait faire des soldats, et il en fit; Solon
voulut réunir les talents aux vertus militaires, et il fit des hommes
dans tous les genres.
L'événement, favorable à l'un et à l'autre, est peut-être le seul
moyen de les juger, car nous sommes bien éloignés de pouvoir
raisonner sur toutes les circonstances où ils se sont trouvés. La-
cédémone conserva plus longtemps ses mœurs et ses lois; mais
Athènes survécut même à la perte de sa liberté. Toute la Grèce
fut assujettie, et les Athéniens eurent sur leurs vainqueurs l'empire
que donne la supériorité des talents. Tous ces talents auraient été
perdus si Solon avait fait à Athènes ce que Lycurgue fit à Sparte.
Le pouvait-il? aurait-il été sage de le tenter? Pour en juger,
connaissons-nous assez le siècle où il a vécu? Admirons !e courage
de Lycurgue, et chérissons la mémoire de Solon.
Condillac.
COMBAT DES THERMOPYLES.
Cependant Léonidas se disposait à la plus hardie des entrepises.
— »Ce n'est point icidit-il à ses compagnons, »que nous devons
combattre; il faut marcher à la tente de Xerxès, l'immoler ou
périr au milieu de son camp." Ses soldats ne répondirent que par
un cri de joie. Il leur fait prendre un repas frugal en ajoutant:
■ Nous en pendrons bientôt un autre chez Pluton." Toutes ses
paroles laissaient une impression profonde dans les esprits. Près
d'attaquer l'ennemi, il est ému sur le sort de deux Spartiates, qui
lui étaient unis par le sang et par l'amitié: il donne au premier
une lettre, au second une commission secrète pour les magistrats
de Lacédémone. -— »Nous ne sommes pas ici;" disent-ils, »pour
porter des ordres, mais pour combattre ;" et, sans attendre sa
réponse, il vont se placer dans les rangs qu'on leur avait assignés.
Au milieu de la nuit, les Grecs, Léonidas à leur tête, sortent
du défilé, avancent à pas redoublés dans la plaine, renversent les