Boekgegevens
Titel: Choix de lectures françaises: à l'usage des maisons d'éducation et des personnes qui aiment la prose et la poésie: littérature de l'adolescence et de l'âge mûr
Auteur: Verenet, George C.
Uitgave: Utrecht: J.-G. Broese, 1868
2e ed
Auteursrechten: Zie auteursrechten
Citeerinstructie: Bijzondere Collecties van de Universiteit van Amsterdam, UBM: Obr. 8885
URL: http://schoolmuseum.uba.uva.nl/bookid/LCSM_202173
Onderwerp: Taal- en letterkunde naar afzonderlijke talen: Franse letterkunde
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   Choix de lectures françaises: à l'usage des maisons d'éducation et des personnes qui aiment la prose et la poésie: littérature de l'adolescence et de l'âge mûr
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de couture , elles faisaient elles-mêmes leurs robes et leurs vêtements de
linge; balayaient leurs classes, servaient à table à tour de rôle, donnaient
et recevaient leur linge, écrivaient pour la maison les moindres
mémoires de dépenses. Madame Campau regrettait que l'éducation
publique, inférieure en cela comme en bien d'autres choses à l'édu-
cation privée, ne permît pas d'habituer encore les jeunes filles à de
plus simples soins: à couler la lessive, à blanchir, à repasser, à
faire des sirops , des confitures; elle raconte elle-même agréablement
ce que ses essais en ce genre eurent d'infructueux. Rien cependant
ne pouvait décourager son zèle. Dans le but d'élever la jeunesse,
de gagner son affection, d'obtenir sa confiance, de diriger l'essor de
ses penchants honnêtes et généreux, tout était pour Madame Cam-
pan un objet d'observation et un sujet d'épreuves. Elle avait pour
ses élèves la tendresse d'une mère; comme une mère elle eût donné
sa vie pour elles. 11 se présenta même une circonstance où ce sa-
crifice lui parut un devoir. Voici ce qu'elle racontait, à ce sujet,
dans un cercle d'amis. .le tâcherai de reproduire ses propres paroles.
»Au mois de Mars 1814," disait-elle, »Écouen se trouvait au
milieu des mouvements de l'armée coalisée. Pendant les disposi-
tions militaires qui préparaient la bataille de Paris. Hulin, qui
commandait la vilh;', m'envoya quatre soldats et un caporal.
La maison était habituellement gardée par trois pompiers et deux
gardes-chasse; un capitaine en retraite surveillait leur service. Je
jugeai que si une partie de Tarmée alliée se dirigeait sur Écouen,
dix hommes ne pourraient soutenir ini siège, el qu'alors il était
plus prudent, puisque le gouvernement ne nous avait pas fait venir
à Paris, de garder moi-même la porte d'entrée. !i était probable
qu'en n'offrant pas nue résistance inutile, nous serions traitées favo-
rablement. Au surplus mon parti était pris, je devais mourir avant
qu'on franchît sous mes yeux le seuil d'un asile qui devait être
sacré, même pour des ennemis. Une fois ma résolution arrêtée
irrévocablement, je licenciai mon armée. Quand il fallut déterminer
ces dix hommes à me quitter, j'éprouvai de leur part beaucoup de
résistance. Ces braves gens voulaient se défendre absolument; je
leur dis que leur présence, ne pouvant m'être utile, me serait nui-
sible, et je les congédiai enfin, non sans peine. Quant au capi-
taine, en le remerciant de son dévouement, je le chargeai d'une
lettre pour le premier général qu'il trouverait aux postes avancés
de Tennemi. J'étais persuadée que si cette lettre parvenait, n'im-
porte à quel général, on m'enverrait une sauve-garde, que je de-