Boekgegevens
Titel: Choix de lectures françaises: à l'usage des maisons d'éducation et des personnes qui aiment la prose et la poésie: littérature de l'adolescence et de l'âge mûr
Auteur: Verenet, George C.
Uitgave: Utrecht: J.-G. Broese, 1868
2e ed
Auteursrechten: Zie auteursrechten
Citeerinstructie: Bijzondere Collecties van de Universiteit van Amsterdam, UBM: Obr. 8885
URL: http://schoolmuseum.uba.uva.nl/bookid/LCSM_202173
Onderwerp: Taal- en letterkunde naar afzonderlijke talen: Franse letterkunde
Bekijk als:      
Scan: Afbeeldinggrootte:
   Choix de lectures françaises: à l'usage des maisons d'éducation et des personnes qui aiment la prose et la poésie: littérature de l'adolescence et de l'âge mûr
Vorige scan Volgende scanScanned page
16
LA RECONNAISSANCE.
Le calife Aaron Raschiii avail fail mourir son visir Barmecide,
mais quelque temps après il se repentit de sa cruauté. Ses remords
furent surtout excités par rattachement que les peuples conservaient
pour la mémoire de Barmécide. Un jour un poète arabe, qui avait
eu part aux bienfaits du visir, vint s'asseoir à la porte du palais
d'Aaron, et chanta des vers qu'il avait faits à la louange de Bar-
mécide. Ce prince en fut bientôt informé; il était à table, il or-
donna qu'on fît venir le poète devant lui, et lui demanda pourquoi
il osait contrevenir à ses ordres. — vSeigneur," répondit l'Arabe, //le
roi est bien puissant, mais il y a quelque chose de plus puissant
que lui." — //Et quoi!" dit le calife étonné. — //Les bienfaits,"
répond le poète.
Aaron fut frappé de cette répartie; il prit une très-belle coupe
d'or qui était sur la table el la donna au poète. //Puisque tu es
si reconnaissant," lui dit-il, //c'est moi que tu dois chanter à pré-
sent. Aaron est devenu ton bienfaiteur; mets son nom à la place
de celui de Barmécide." L'Arabe, prenant le vase, leva les mains
an ciel: //O Barmécide!" s'écria-t-il, //comment veut-on que je
l'oublie ! voilà encore un présent que je te dois." La Harpe.
UNE PEUR-
11 m'arriva une aventure qui donna dans le couvent une belle idée
de mon courage. Une jeune personne, voulant se faire religieuse,
vint avec sa mère à Origny. On les logea dans un grand apparte-
ment à côté du mien, et vide depuis plus de trois ans. Tout ie
monde dans le couvent était couché avant dix heures; pour moi,
j'écrivais, je lisais, je jouais de la harpe jusque tard dans la nuit;
le soir même de l'arrivée de la jeune personne novice, j'entendis à
minuit doucement frapper à ma porte; c'étaient la novice et sa
mère. Elles étaient toutes tremblantes et me contèrent qu'elles
avaient été réveillées par un bruit étrange qu'elles avaient entendu
dans un cabinet voisin de leur chambre, el dans lequel elles n'é-
taient point entrées. Comme il faisait beaucoup de vent ce soir-là,
je leur représentai que ce bruit n'avait rien d'éionnant; elles me
répondirent qu'il était si prodigieux qu'il semblait que l'on voulnl