Boekgegevens
Titel: Choix de lectures françaises: à l'usage des maisons d'éducation et des personnes qui aiment la prose et la poésie: littérature de l'adolescence et de l'âge mûr
Auteur: Verenet, George C.
Uitgave: Utrecht: J.-G. Broese, 1868
2e ed
Auteursrechten: Zie auteursrechten
Citeerinstructie: Bijzondere Collecties van de Universiteit van Amsterdam, UBM: Obr. 8885
URL: http://schoolmuseum.uba.uva.nl/bookid/LCSM_202173
Onderwerp: Taal- en letterkunde naar afzonderlijke talen: Franse letterkunde
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   Choix de lectures françaises: à l'usage des maisons d'éducation et des personnes qui aiment la prose et la poésie: littérature de l'adolescence et de l'âge mûr
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à la moindre caresse que leur rendait lem'maître, ils s'élançaient,
ils faisaient de longs circuits autour de la cabane, en courant et
en aboyant de toute leur force; l'excès du plaisir leur donnait de
la folie; ils revenaient bien vite, en ^haletant et en suffoquant,
s'étendre aux pieds d'Azamet, Usbeck souriant à ce spectacle:
»Eh bien!" dit le visir, »tu me vois tel que j'ai été dès mon
enfance, l'ami des êtres sensibles: j'ai voulu faire le bonheur des
hommes, ils se sont opposés à mes desseins; je rends ces animaux
heureux, et je jouis de leur reconnaissance; tu vois qu'enfermé
dans les rochers de Kliorassan, j'ai des compagnons, et que ma
solitude n'est pas un tombeau. Je vis encore, ô mon cher Usbeck!
je vis encore, j'aime et je suis aimé." St.-Lambcrt.
LE BON MINISTRE.
Le puissant Aaron-Raschid commençait à soupçonner que son
visir Giafar ne méritait pas la confiance qu'il lui avait donnée; les
femmes d'Aaron, les habitants de Bagdad, les courtisans, les der-
viches censuraient le visir avec amertume. Le calife aimait Giafar;
il ne voulut point le condamner sur les clameurs de la ville et de la
cour. Il visita son empire; il vit partout la terre bien cultivée,
la campagne riante, les hameaux opulents, les arts utiles en hon-
neur, et la jeunesse dans la joie. Il visita ses places de guerre
et ses ports de mer; il vit de nombreux vaisseaux qui menaçaient
les côtes de l'Afrique et de l'Asie! il vit des guerriers disciplinés
et contents. Ces guerriers, les matelots et les peuples des cam-
pagnes s'écriaient: //O dieu! bénissez les (idèles en prolongeant les
jours d'Aaron-Raschid et de son visir Giafar ; ils maintiennent dans
l'empire la paix, la justice et l'abondance. Tu manifestes, grand
dieu, ton amour pour les fidèles en leur donnant un calife comme
Aaron et un visir comme Giafar !" Le calife, louché de ses accla-
mations , entre dans une mosquée , s'y précipite à genoux, et s'écrie :
//Grand dieu! je te rends grâces; tu m'as donné un ministre do.it
mes courtisans me disent du mal, ci dont mes peuples me disent
du bien " St.-Lambert.