Boekgegevens
Titel: Choix de lectures françaises: à l'usage des maisons d'éducation et des personnes qui aiment la prose et la poésie: littérature de l'adolescence et de l'âge mûr
Auteur: Verenet, George C.
Uitgave: Utrecht: J.-G. Broese, 1868
2e ed
Auteursrechten: Zie auteursrechten
Citeerinstructie: Bijzondere Collecties van de Universiteit van Amsterdam, UBM: Obr. 8885
URL: http://schoolmuseum.uba.uva.nl/bookid/LCSM_202173
Onderwerp: Taal- en letterkunde naar afzonderlijke talen: Franse letterkunde
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   Choix de lectures françaises: à l'usage des maisons d'éducation et des personnes qui aiment la prose et la poésie: littérature de l'adolescence et de l'âge mûr
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n'avaient pas peu contribué à la perte du visir. Le sage, qui
n'avait pas oublié son ami dans sa disgrâce, partit pour le
Khorassan.
Usbeck n'était plus qua une demi-lieue de la cabane du ministre,
lorsqu'il le rencontra; ils se reconnurent, ils s'embrassèrent; le
sage versait des larmes; le visage d'Azamet était riant, son front
était serein, et la joie était dans ses yeux. »Béni soit le Prtipbèle ,
qui donne de la force aux malbeureux!" dit Usbeck; »celui qui
possédait une belle maison dans les riches plaines de Ghilan, est
content d'habiter une cabane dans les rochers du Khorassan. 0
Azamet! ta vtrtu t'a suivi dans ces déserts, elle te console d'avoir
perdu les roses d'IIérat, les turquoises de Nishapour et les soies
du .Mazandéran ; mais a-t-elle pu te consoler seul? Il faut des
compagnons à ceux-mème qui n'ont point d'amis. Quelle solitude
n'est pas un tombeau?"
Ils approchaient cependant de la cabane d'Azamet, où il n'était
pas rentré depuis le malin ; ils entendirent le hennissement d'un
jeune cheval qui venait en bondissant à leur rencontre: quand il
fut près du visir, il le caressa et marcha devant lui en sautant et
en bénissant.
Usbeck vit accourir d'une prairie voisine deux belles génisses,
qui passèrent devant Azamet, et semblaient lui oiïrir leur lait et
présenter leur tète à son joug. Elles se mirent à sa suite. A
quelques pas de là, deux chèvres, suivies ih deux chevreaux,
descendirent d'un rocher, elles témoignèrent par leurs cabrioles la
joie de revoir leur maître, qu'elles accompagnèrent en badinant
autour de lui.
Bientôt du fond d'un petit verger couvert de jeunes arbres,
sortirent quatre ou cinq moutons; ils bêlaient, ils bondissaient,
et léchaient les mains d'.Azamct qui les leur tendait eu souriant;
en même temps quelques pigeons vinrent se poser sur sa tête et
ses épaules.
Mais les démonstrations de joie et d'amour de tous ces animaux
n'égalaient pas celles de deux jeunes chiens blancs, qui attendaient
Azrmit à sa porte; ils ne venaient pas au-devant de lui, et sem-
blaie ii, vouloir lui montrer qu'ils gatdaient (idèlement sa demeure,
qu'il leur avait conMée ; mais au moment où il entrait, ils l'acca-
blèrent des caresses les plus vives; ils rampaient autour de lui, ils
se jetaient à ses pieds, ils les léchaient; leurs regards étaient passi-
oimés, le langage de leur passion était un murmure doux et tendre;