Boekgegevens
Titel: Choix de lectures françaises: à l'usage des maisons d'éducation et des personnes qui aiment la prose et la poésie: littérature de l'adolescence et de l'âge mûr
Auteur: Verenet, George C.
Uitgave: Utrecht: J.-G. Broese, 1868
2e ed
Auteursrechten: Zie auteursrechten
Citeerinstructie: Bijzondere Collecties van de Universiteit van Amsterdam, UBM: Obr. 8885
URL: http://schoolmuseum.uba.uva.nl/bookid/LCSM_202173
Onderwerp: Taal- en letterkunde naar afzonderlijke talen: Franse letterkunde
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   Choix de lectures françaises: à l'usage des maisons d'éducation et des personnes qui aiment la prose et la poésie: littérature de l'adolescence et de l'âge mûr
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sèches el chaudes, fussent toutes prêtes à l'emporter. Et alors,
d'une volée, il partit sans dire adieu. Michelet.
ADIEUX DE MARIE STUART A LA FRANCE,
Marie Stuart, douée d'une beauté accomplie, des grâces les plus
séduisantes, d'un esprit vif et parfaitement orné, était négligée dans
la cour de Catherine de Médicis; mais elle n'en aimait pas moins
la France, où elle avait été heureuse avant d'en avoir partagé le
trône. Retourner en Écosse lui semblait l'exil le plus rigoureux.
Elisabeth avait fait équiper quelques vaisseaux qui ne s'appro-
chaient des côtes de France que pour s'emparer de la reine d'Ecosse
dans sa traversée. Le duc de Guise conduisit sa nièce à Calais,
et se sépara d'elle en lui laissant une brillante escorte. Qui ne
sait avec combien de larmes Marie s'éloigna de cette terre chérie !
Elle eut désiré que les vaisseaux anglais, dont on lui avait fait
peur, s'approchassent à temps pour la forcer de rentrer dans le
port. Au déclin du jour, elle voyait encore parfaitement les côtes
de France; le temps était calme, elle espéra les voir encore le
lendemain. Pour ne pas perdre cette dernière consolation, elle
voulut coucher sur le pont. Éveillée dès l'aube du jour, elle vit
ou crut voir les côtes de France, et répéta longtemps avec des
sanglots: »Adieu, France, adieu pour jamais, France chérie, je
De te reverrai plus!" — Quand la destinée de Marie Stuart n'eut
pas été aussi tragique, on se souviendrait encore avec attendrisse-
ment de l'hommage qu'une si aimable princesse rendit à notre belle
patrie. Peut-être on s'étoimera que la France, à la veille de tant
d'horribles convulsions, ait inspiré tant de regrets à Marie Stuart ;
mais l'image même des dangers dont est menacée une terre oiî
Ton a goûté le bonheur, ne rend-elle pus encore plus profonds et
plus déchirants les adieux qu'on lui fait!
Marie Stuart exprima ses regrets pour la France dans ces vers
naïfs et touchants:
Adieu, plaisant pays de France,
0 ma patrie
La plus chérie,
Qui as nourri ma jeune enfance!