Boekgegevens
Titel: Choix de lectures françaises: à l'usage des maisons d'éducation et des personnes qui aiment la prose et la poésie: littérature de l'adolescence et de l'âge mûr
Auteur: Verenet, George C.
Uitgave: Utrecht: J.-G. Broese, 1868
2e ed
Auteursrechten: Zie auteursrechten
Citeerinstructie: Bijzondere Collecties van de Universiteit van Amsterdam, UBM: Obr. 8885
URL: http://schoolmuseum.uba.uva.nl/bookid/LCSM_202173
Onderwerp: Taal- en letterkunde naar afzonderlijke talen: Franse letterkunde
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   Choix de lectures françaises: à l'usage des maisons d'éducation et des personnes qui aiment la prose et la poésie: littérature de l'adolescence et de l'âge mûr
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ks plus solitaires pour y rêver à mon aise, tantôt sur les
terrasses et les tertres, pour parcourir des yeux le superbe el
ravissant coup d'oeil du lac et de ses rivages, couronnés d'un cAté
par des montagnes prochaines, et de l'autre, élargis en riches
et fertiles plaines, dans lesquelles la vue s'étendait jusqu'aux mon-
tagnes éloignées et bleuâtres qui la bornaient.
Quand le soir approchait, je descendais des cimes de l'île et
j'allais volontiers m'asseoir au bord du lac, sur la grève, dans
quelque asile caché; là le bruit des vagues et l'agitation de l'eau
me plongeaient dans une rêverie délicieuse, où la nuit me surpre-
uait souvent sans que je m'en fusse aperçu.
Après te souper, quand la soirée était belle, nous allions encore
tous ensemble faire quelques tours de promenade sur la terrasse,
pour y respirer l'air du lac et la fraîcheur. On se reposait dans
ie pavillon, on dansait, on riait ou chanUiit quelque vieille chiui-
son, et enfin on allait so coucher, content de sa journée et n'en
désirant qu'une semblable pour le lendemain.
J.-J. Rousseau.
LA MAISON, LES AMIS, LES PLAISIRS DR JEAN-JACaUES
A LA CAMPAGNE, S'IL ÉTAIT RiCHE-
Je n'irais pas me bâtir une ville à la campagne, et mettre au
fond d'une province les Tuileries devant mon appartement. Sur le
^tenchant de quelque agréable cnlline bien ombragée, j'aurais une
petite maison rustique, une maison blanche avec des contrevents
verts; et quoiqu'une couverture de chaume soit en toute saison
la meilleure, je préférerais magnifiquement, non la triste ardoise,
mais la tuile, parce qu'elle a l'air plus propre et plus gai que le
chaume, qu'on ne couvre pas autrement les maisons dans mon
pays, et que cela me rappellerait un peu l'heureux temps de ma
jeunesse. J'aurais pour cour une basse-cour, et pour écurie une
étable avec des vaches, pour avoir du laitage que j'aime beaucoup.
J'aurais un potager pour jardin, et pour parc un joli verger. Les
fruits, à la discrétion des promeneurs, ne seraient ni comptés ni
cueillis par mon jardinier, et mon avare magnificence n'étalerait
point aux yeux des espaliers superbes auxquels à peine on osât toucher.
Or, cette petite prodigalité serait peu coûteuse, parce que j'aurais