Boekgegevens
Titel: Choix de lectures françaises: à l'usage des maisons d'éducation et des personnes qui aiment la prose et la poésie: littérature de l'adolescence et de l'âge mûr
Auteur: Verenet, George C.
Uitgave: Utrecht: J.-G. Broese, 1868
2e ed
Auteursrechten: Zie auteursrechten
Citeerinstructie: Bijzondere Collecties van de Universiteit van Amsterdam, UBM: Obr. 8885
URL: http://schoolmuseum.uba.uva.nl/bookid/LCSM_202173
Onderwerp: Taal- en letterkunde naar afzonderlijke talen: Franse letterkunde
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   Choix de lectures françaises: à l'usage des maisons d'éducation et des personnes qui aiment la prose et la poésie: littérature de l'adolescence et de l'âge mûr
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fatigues; el, depuis !e linge le plus blatic jusqu'aux liqueurs les
plus restaurantes, tout ce que Tliospilalilé la plus attentive peut
offrir de secours, tout ce qu'on ne rassemblerait qu'à force d'ar-
gent dans les auberges de nos villes, fut prêt dans riuslanl, dis-
tribué sans distinction, employé avec autant d'adresse que de sen-
sibilité. Mallet du Pan.
SÉJOUR DE J.-J. ROUSSEAU A LTLE DE ST.-PIERRE.
De toutes les habitations où j'ai demeuré (et j'en ai eu de char-
mantes), aucune ne m'a rendu si véiitablement heureux, et ne
m'a laissé de si tendres regrets que l'île de Saint-Pierre, au milieu
du lac de Bienne, Cette petite île, qu'on appelle à Neucbàtel Tile
de la Motte , est bien peu connue, même en Suisse. Aucun voya-
geur, que je sache, n'en fait mention. Cependant elle est très-
agréable et singulièrement située pour le bonheur d'un homme qui
aime à se circonscrire; car, quoique je sois peut-être le seul au
monde à qui sa destinée en ait fait une loi, je ne puis croire
être le seul qui ait un goût si naturel, quoique je ne 1 aie trouvé
jusqu'ici chez nul autre.
Les rives du lac de Bienne sont plus sauvages et plus romanti-
ques que celles du lac de Genève, parce que les rochers et les
bois y bordent l'eau de plus près ; mais elles ne sont pas moins
riantes. S'il y a moins de culture de champs et de vignes, moins
de villas et de maisons, il y a aussi plus de verdure naturelle,
de prairies, d'asiles ombragés, de bocages, des contrastes plus
fréquents et des accidents plus rapprochés. Comme il n'y a pas
sur ces heureux bords de grandes routes commodes pour les voi-
tures, le pays est peu fréquenté par les voyageurs 1); mais il est
intéressant pour des contemplateurs solitaires qui aiment à s'enivrer
à loisir des charmes de la nature, et à se recueillir dans un silence
que ne trouble aucun bruit, que le cri des aigles, le ramage
entrecoupé de quelques oiseaux, el le roulement des ravines qui
tombent de la montagne. Ce beau bassin, d'une forme presque
ronde, enferme dans son milieu deux petites îles, l'une habitée
et cultivée, d'environ une demi-lieue de tour; l'autre plus petite,
déserte et en friche, et qui sera détruite à la fm par les transports
1) Uue route et le chemiu de fer longent aujourd'hui le lac de Bienne.
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